Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

SZEPESI VERONIKA: Le labyrinthe aventure physique, aventure mentale. Dans le labyrinthe d'Alain Robbe-Grillet comme réécriture d'un rnythe grecque

128 Szepesi Veronika La Faute L 'experience du labyrinthe commence par la faute souvent inexpliquée, dissimulée, car placée en amont du texte elle pése de tout son poids sur la conscience et les actes du personnage. La Faute est le principe premier qui vient précipiter le personnage dans la confusion du labyrinthe. Elle est le secret qui vient tourmenter l'apparente impassibilité du décor. Egaré dans le labyrinthe, l'individu part toujours perdant, a priori coupable, condamné avant d'avoir été entendu. Les légendes grecques rapportaient cette caractéristique : le labyrinthe est le lieu de toutes les culpabilités. La perversité de Pasiphaé, la comp Ii cité de Dédale, la trahison d' Ariane, l'impiété de Minős, l'héroisme mérne de Thésée ne servant qu'ä racheter les erreurs passées de son pére. L'histoire du sóidat de Robbe-Grillet débute lä ou s'arrétent d'ordinaire les romans de guerre : aprés la bataille, aprés la défaite. L'action est déja parvenue ä son terme. Portant sa part d'un désastre collectif, ce héros est également coupable. Confronté ä l'hostilité du monde qui l'entoure, il est tenu pour responsable du malheur qui va s'abattre sur la ville, livrée sans défenses aux troupes ennemies. Suivant les rencontres, on le tient, tour ä tour, pour un espion, un traitre, un lache, un déserteur. Tout devient signe de sa culpabilité. Le roman Dans le labyrinthe se résume ä l'image d'un tableau qui est celui d'une défaite. En soi, l'entrée dans le labyrinthe est déja une faute. Espace sacré, chaque dédale est un espace interdit : tout visiteur y est un intrus. L'aliénation propre ä la condition d'étranger — telle que la vivent les héros — est ä la fois le chátiment mérité et la conséquence logique de cette effraction véritable. C'est toujours indüment que se trouve franchi le seuil du labyrinthe. 2 em e element constitutif : L'Errance La Faute a signifié l'entrée dans le labyrinthe. A la chute succéde l'errance dans la cité enneigée — déambulations circulaires qui souvent se superposent et se répétent, fournissent au récit le mouvement méme dont il précéde. L'expérience du labyrinthe est avant tout une aventure qui s'inscrit dans l'espace, espace physique ou mental. L'errance en est la régle. Le personnage doit parcourir inlassablement le réseau des chemins qui l'emprisonnent, avant d'en découvrir la elé ou d'y trouver la mort. Le labyrinthe est fait avant tout de la conjonction de ces déambulations. Le récit lui-méme ne progresse que de la marche des personnages qu'il met en scéne. L'errance devient le principe dynamique du texte — comme la faute en était le principe fondateur — elle est le mouvement qui anime autour de lui le

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