Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
SZEPESI VERONIKA: Le labyrinthe aventure physique, aventure mentale. Dans le labyrinthe d'Alain Robbe-Grillet comme réécriture d'un rnythe grecque
Le labyrinthe — aventure physique, aventure mentale 127 ses péchés, telle est la fonction de ces lieux de Jérusalem, et c'est la mérne fonction qu'avait eu le labyrinthe crétois. 3 em e exemple : En 1490 Leonardo da Vinci a construit une chambre de miroirs, ä hiút cötés, qui multiplie ä 1'infi.ni l'image de l'homme qui se trouve au centre de cette chambre. Le foyer central de l'entrelacs n'est pas le combat avec l'hybride, ni le Jérusalem céleste, mais c'est le lieu de la contemplation de soi-méme. Dans l'entrelacs il n'existe qu'un seul chemin qu'il faut avoir parcouru tout entier pour atteindre le centre. Voyons maintenant le roman d'Alain Robb eGrillet qui synthétise les trois significations du labyrinthe dont j'essaie de donner un bref résumé possible : Un sóidat, perdu dans une ville assiégée, en hiver, a pour mission de remettre ä un destinataire inconnu une boite dont il ignore le contenu. II ne trouvera jamais le lieu du rendez-vous parce que c'est un cercle que dessinent dans la neige les traces de ce sóidat condamné ä toujours retrouver le réverbére auquel il s'appuie. II se retrouve de temps en temps dans un nouveau dédale symétrique : chambre, immeuble, caserne et enfin l'hőpital ou il mourra, blessé ä mort par une mitraillette. Le labyrinthe crétois — dont, et je souligne ce fait, l'existence est incertaine — était selon toute probabilité l'espace réservé aux rites d'initiation en vigueur dans la civilisation minoenne. Colporté et déformé par la littérature grecque, ces rites sont devenus récit et, par son origine rehgieuse, ce récit rapporté plonge indubitablement ses racines dans le domaine du sacré et de la tradition. On ne peut pas tenir le labyrinthe pour la métaphore simple de l'errance. Le labyrinthe dans la fable antique est figure ä plusieurs dimensions : Thésée raconte la lutte victorieuse contre le monstre ; Dédale, représente le drame de l'artiste prisonnier du piége qu'il a lui-méme construit ; Icare incarne la vanité de l'envol et le Minotaure témoigne l'hybridité d'une nature, déchirée entre animalité et humanité. Le labyrinthe mérne est la défense parfois magique d'un centre, d'une richesse, d'une signification. Y pénétrer peut étre un rituel initiatique, comme dans le mythe de Thésée. D'une fagon arbitraire, j'essaierai de distinguer dans ces deux récits quatre éléments constitutifs. Le monde du labyrinthe serait celui de la faute, de l'errance, du péril et de la révélation : la faute introduit au labyrinthe et ä l'errance dans le labyrinthe, errance toujours placée sous le double signe du péril qui menace le héros et de l'initiation qui lui est promise.