Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
SZEPESI VERONIKA: Le labyrinthe aventure physique, aventure mentale. Dans le labyrinthe d'Alain Robbe-Grillet comme réécriture d'un rnythe grecque
126 Szepesi Veronika atteindre l'autre extrémité. Elle représente le voyage et en fonction des civilisations le type de voyage qu'accomplit l'äme du défunt jusqu'ä sa destination finale. La tresse est un motif fermé : prison sans possibilité d'évasion. En combinant les deux motifs nous obtenons le motif composite du labyrinthe qui participe dans deux infinis, l'infirment ouvert et l'infirment clos. Prenons 3 exemples pour voir ce caractere double : Comme I e r exemple je résume le mythe crétois : L'image du dédale crétois apparait ä l'origine dans un certain nombre de textes dont les plus célébres sont restés ceux d'Ovide dans ses Metamorphoses et de Plutarque dans sa Vie de Thésée. Le Minőt aure, moitié taureau et moitié homme, est né des amours de Pasiphaé, reine de Crete, avec un taureau blanc que Poséidon a fait sortir de la mer. Dédale, auteur de l'artifice qui a permis la réalisation de telles amours, a construit le labyrinthe destiné ä enfermer et cacher le fils monstrueux. Le Minotaure mangeait de la viande humaine. Pour le nourrir, le roi de Créte a exigé annuellement d'Athénes un tribut de sept jeunes hommes et sept jeunes filles. Thésée a décidé d'exempter sa patrie de ce tribut et il s'est offert volontairement. Ariane, fille du roi, lui a donné un fil pour qu'il ne se perde pas dans les couloirs. Le héros a tué le Minotaure et a pu sortir du labyrinthe. Dans cette histoire la lutte aboutit ä la victoire de l'homme supérieur, de l'homme spirituel, ä la victoire sur l'hybride composé de l'homme et de béte, représentant tout ce cőté animal que l'homme doit tuer en lui-méme pour parvenir ä la sagesse. 2 2 em e exemple : Le labyrinthe chrétien dont la signification est ä la fois assez proche et différente de celle du labyrinthe antique. Le Moyen Age est dominé par l'esprit du pélerinage et l'esprit de la croisade, qui ne sont, en somme, que deux formes voisines. Ainsi ä cette époque on a tenu compte des obstacles infranchissables qui empéchaient la plupart des hommes d'accomphr les pélerinages et de prendre part aux croisades. Pour des personnes, qui ne pouvaient pas aller ä Jérusalem, on s'est avisé de leur proposer le pélerinage sur place. Le lieu de Jérusalem dans certaines églises a accompli réellement ce pélerinage. Le pélerin achevait alors le pélerinage dans son äme dans les labyrinthes des cathédrales ä Reims, ä Amiens etc. Purger l'homme de BRION, Marcel, Le théme de l'entrelacs et du labyrinthe dans L'oeuvre de Leonardo da Vinci, in : Revue d'esthétique, V. N- 1, 1952, pp. 18—38.