Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

SZILÁGYI ILDIKÓ: L'influence de la langue orale sur les vers libres de Jules Laforgue

114 Szilágyi Ildikó composition par trait d'iínion de l'adjectif trés-imrnoral (II, v. 55), ainsi que le pluriel des termes abstraits dans spleens kilométriques (I, v. 52), et celui des noms propres ( des Antigones, des Philoménes (IV, v. 5), des Adams, Des Edens (VIII, v. 69, 70). Le proverbe : Adieu paniers, vendanges sont faites, sera inséré sous forme légérement modifiée au vers 64 de la piéce initiale : Adieu vendanges, et adieu tous les paniers. Les vers 5 et 6 du poéme V : L'amour s'échange / simple et sans foi comme un bonjour sont calqués sur la locution : simple comme bonjour. Le vers : Oh, tu me promets de rester sage comme une image ? (XII, v. 49) fait également référence ä une locution connue. Laforgue prend pour cible le caractére figé des clichés, ces transformations visent essentiellement ä les tourner en dérision. La langue parlée a souvent recours ä des apostrophes, interjections ou exclamations. Pour Daniel Grojnowski, qui refuse de voir dans les Derniers vers un récit continu, ä la différence de J. A. Hiddleston, ces poémes « sont unifiés par une multitude d'exclamations [...] assurfant] la présence d'une voix individualisée >>. 3 G 101 vers (sur 819) commencent par les interjections : oh, o 3 7 ou ah , dans 33 autres cas, on les découvre ä l'intérieur des vers. Ces interjections jouent un rőle déterminant dans plusieurs piéces du recueil (I, VII, X, XII). 3 8 Méme leur alternance peut avoir un sens précis : selon Clive Scott, dans Solo de lune (VII), oh se référe au futur, en exprimant les espoirs, tandis que ah se rapporte au passé et évoque les regrets. 3 9 (Presque un quart des vers de ce poéme (24 sur 107) débutent par l'une de ces trois interjections.) Placées au début de la ligne, suivies d'une pause bréve, elles segmentent la phrase, en changent le schéma d'intonation. Les quelques exemples d'onomatopées : frou-frou (III, v. 25 ; VII, v. 107), Tai'aut (I, v. 27 ; II, v. 21), et hallali (I, v. 27, 32 ; II, v. 22) - par leur retour — relient entre elles plusieurs pieces du recueil. La formule : ton ton, ton taine. . . qui introduit au début du premier poéme (v. 10) l'image des cors en mimant leur sonorité, revient une deuxiéme fois vers la fin (v. 3 6 Grojnowski, D. 1988. Jules Laforgue et l'originalité. A la Baconniére, Neuchätel, 153. 37 ' . . . O est toujours suivi d'un substantif ou d'un adjectif et exprime, dans le style soutenu, une apostrophe ou une invocation. 38 * II arrive que le nombre total des occurrences ne soit pas élévé, leur position contribue cependant á structurer le texte. Par exemple, les six derniéres strophes du poéme IV commencent par l'interjection : ő ; oh. Le retour de la locution adverbiale et puis au début de quatre sequences de la piece X (v. 11, 19, 26, 30) imite Penchainement des idées propre á la langue orale. 39 Scott, C. 1986. A Question of Syllables : Essays in Nineteenth-Century French Verse. Cambridge University Press, Cambridge, 167—174.

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