Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

SZILÁGYI ILDIKÓ: L'influence de la langue orale sur les vers libres de Jules Laforgue

L'influence de la langue orale sur les vers libres de Jules Laforgue 109 Complaintes que voiei n'a de populaire que le tour rythmique et quelquefois de vieux refrains empruntés et demeure un instrument trés rafíiné, capables de subtiles nuances psychologiques comme des derniers effets dans le métier. » 9 Quatre complaintes 1 0 et une piéce des Fleurs de bonne volonté 11 se référent explicitement ä des chansons connues. Mérne dans ces cas, il n'est pas question de donner une simple reproduction en tout point fidéle de la langue parlée. Dans les Derniers vers on ne peut identifier aucun emprunt direct, mais cela ne signifie pas l'absence d'éléments populaires reformulés. Dés le début du XIX e siécle, les poétes tentent d'intégrer dans l'écriture la dimension orale ä travers la mise en page du poéme. L'emploi des tirets, 1 2 parenthéses, guillemets 1 3 et italiques 1 4 dans les Derniers vers est motivé par la recherche de la représentation de l'oralité. Cette préoccupation apparait clairement dans les poémes empruntant la forme du dialogue (II, VIII, IX ; les autres peuvent étre considérés comme des monologues intérieurs). La surabondance des points d'exclamation — prés d'un quart des vers (189 sur 819, dont 48 sont suivis de trois points) se termine par ce signe de ponctuation — indique la modalité dominante du recueil, celle de l'exclamation. Les nombreuses occurrences intérieures (95), en segmentant les vers, contribuent également ä dessiner l'image extérieure des textes. Dans ses vers libérés, Laforgue a souvent recours (ä l'imitation des chansonniers) ä l'apostrophe typographique du « e » muet pour avoir des strophes isométriques et pour reproduire l'ambiance des chansons populaires. « La métrique naive » correspond dans les vers libérés ä un décompte 9 Debauve, J.-L. 1972. Laforgue en son temps. Neuchätel, La Baconniére, 194. La Complainte du pauvre jeune homrae et La Complainte de l'époux outragé ont été écrites respectivement sur les chansons populaires Quand le bonhomme revint du bois et Qu'allais-tu faire ä la fontaine ? La Complainte de cette bonne Lüne caique Sur le pont d'Avignon, la Complainte de lord Pierrot imite Au clair de la lune. Une dizaine de poémes ont recours k un refrain, imitant la composition des chansons. 1 1 Le début de chaque strophe du poéme intitule Le vaisseau fantomé (la deuxiéme partié de la piéce XLIII) est repris de la chanson populaire : II était un petit navire. II est probable que la composition de ce poéme remonte a la période des Complaintes. Cf. Laforgue, J. 1995. (Euvres completes, t. II, L'Age d'Homme, Lausanne, 235. 12 Les tirets peuvent avoir une valeur ouvrante dans les dialogues ou une valeur disjonctive ä l'intérieur du vers. 13 Les guillemets accompagnent dans la plupart des cas l'emploi dialogique du tiret. 1 4 Les italiques indiquent en général une formule exclamative d'origine étrangére : Vae soli (III, 14, 18, 27) ; Arnen (V, v. 44), Angelus ! (X, v. 9), elles peuvent mettre en relief un mot important pour le poéte : ensemble (VII, v. 15), les majuscules remplissent la merne fonction dans la piéce VI, v. 59 : RAISON.

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