Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

SZILÁGYI ILDIKÓ: L'influence de la langue orale sur les vers libres de Jules Laforgue

Acta Acad. Paed. Agriensis, Sectio Romanica XXX (2003) 101-118 L'influence de la langue orale sur les vers libres de Jules Laforgue Szilágyi Ildikó L'apparition du vers libre, au bout de tout un siécle devolution, date en France des années 1880. II domine l'écriture poétique pendant la période surréaliste et reste, sans devenir exclusif, la forme privilégiée de la poésie contemporaine. Malgré cette présence incontestable, on posséde relativement peu d'analyses s'intéressant aux expériences prosodiques et langagiéres des vers-libristes. Défini par l'abandon du retour régulier des métres, des rimes, et par conséquent, celui des strophes, le vers libre rend difficile toute formalisation. 1 En revanche, les explications concernant les sources et les influences éventuelles ne manquent pas. Les premiers théoriciens mettent l'accent sur la liberté individuelle dans la création et donnent souvent des raisons phonétiques aux changements formels. Les critiques modernes s'accordent ä reconnaitre que les réflexions sur les questions de l'accent et du rythme tout au long du siécle contribuent largement ä la transformation des conceptions et pratiques poétiques. 2 On attache moins d'importance ä l'influence de la langue orale que beaucoup de poétes — du romantisme aux symbolisme et décadence, et jusqu'ä nos jours — se soucient d'imiter. Cette tendance est liée, entre autres, ä l'intérét grandissant pour la chanson populaire, trés en vogue au XIX e siécle. Selon Paul Bénichou, l'auteur de l'ouvrage intitulé Nerval et la chanson folklorique, « le goüt romantique [. . .] vise d'ordinaire ä la transposition en style parfaitement littéraire d'un folklore librement interprété >>. 3 Les tentatives d'imitation et d'adaptation se poursuivent tout au long du siécle, les parnassiens (Théophile Gautier, Théodore de Banville) s'y essayent aussi bien que la plupart des symbolistes (Verlaine, Laforgue, 1 II est a noter que beaucoup de métriciens préférent refuser au vers libre le Statut de vers : la définition du vers étant liée a la régularité numérique, le vers libre n'est pas un vers, il n'est qu'« une prose lyrique cadencée ». II est habituel de mentionner encore l'influence des illuminations de Rimbaud et celle des Feuilles d'herbes de Whitman, par l'intermédiaire des traductions frangaises. Bénichou, P. 1970. Nerval et la chanson folklorique. Librairie Jósé Corti, Paris, 330.

Next

/
Oldalképek
Tartalom