Sources du passé de Budapest 1686-1950 - Budapest Főváros Levéltára forráskiadványai 5.(Budapest, 1971-1973)
sauve-garde de l'autonomie de la capitale, tandis qu'après la libération elle était représentée par les fractions explicitement bourgeoises, à l'opposé du gouvernement démocratique populaire, avançant vers le socialisme et dont la gauche se renforçait de plus en plus. Par les documents publiés dans le deuxième chapitre nous avons voulu aussi jeter de la lumière sur la lutte menée en dehors de l'hôtel de ville et les autres forums de la vie urbaine, par les masses ouvrières de la gauche de la capitale pour la décision des problèmes fondamentaux de la lutte municipale et qui en fin de compte décidèrent aussi le sort de la capitale. Les domaines principaux de ces luttes furent d'une part les actions de masse, les manifestations, les meetings, auxquels les ouvriers de Budapest participaient par centaines de milliers pour faire profession de foi de la révolution démocratique populaire. Mais on pourrait aussi compter parmi les théâtres de la lutte : les fabriques, les usines et entreprises où la classe ouvrière de Budapest accomplissait son devoir malgré les difficultés de l'inflation. En 1947, les résultats atteints dans le domaine économique — la stabilisation, la nationalisation des grandes banques, l'introduction de l'économie planifiée — conduisirent à la désagrégation des forces politiques bourgeoises de la droite et puis, par la suite des élections parlementaires de 1947, à leur évincement de la coalition. En l'année 1947 bien que l'unité ouvrière ait été maintenue, les aspirations de la droite se renforcèrent dans le Parti Social-Démocrate et les divergences entre les deux ailes se firent plus aiguës. Mais cette année se termina — tout comme le deuxième chapitre de notre volume — par la prise de position du Comité Exécutif Municipal du Parti Social-Démocrate, activant dans une forte proportion le rapprochement des deux partis ouvriers et finalement leur union, ce qui permit d'espérer que la création de Grand Budapest pourra être réalisée dans un proche avenir. Du caractère d'histoire municipale de notre publication il résulte que dans le volume présent nous fassions connaître — après avoir dépassé la limite d'époque se terminant par l'année du tournant — dans un troisième chapitre, les documents relatifs à la création de Grand Budapest et à l'institution du régime des conseils introduit environ à la même époque. Ces deux événements de grande portée prêtent à la période triennale un caractère spécial. Nous ne pourrons cependant laisser à l'écart la présentation des changements d'importance décisive, survenus dans l'année du tournant, comme le furent : la nationalisation des entreprises qui employaient plus de cent ouvriers, par laquelle dans l'industrie établie dans la capitale se firent également valoir les conditions de production socialiste, ou bien l'union de l'organisation la plus importante des deux partis ouvriers, celle de Budapest. L'année de la victoire de la révolution socialiste marqua en effet un tournant dans la vie de la capitale. En 1948, le redressement de Budapest était pour l'essentiel terminé, le niveau des services communaux atteignit, voire même dépassa sous certains rapports — par exemple, dans la fourniture du courant électrique — celui précédant la deuxième guerre mondiale. C'est dans cette année que dans le commerce les rapports de propriété socialistes devinrent prédominants, les théâtres et les cinémas passèrent en propriété sociale, les écoles ecclésiastiques furent laïcisées et la révolution culturelle, la suppression du monopole culturel marquèrent un grand pas en avant.