Szilágyi András (szerk.): Ars Decorativa 15. (Budapest, 1995)

VADÁSZI Erzsébet: „Magyar Versália" - Jelzett sarokszekrények Eszterházán

le témoignage du journal du prince Khevenhùller­Metsch 9 , était un habitué de la cour de Presbourg de Marie-Thérèse, comme les autres aristocrates hongrois: Esterházy, Csáky, Batthyány. Le capitaine de gardes János Pálffy, de la branche de Vöröskő de la Famille Pálffy, tra­duit en allemand le nom de son domaine de Vö­röskő: 'Rotenstein' qu'il utilisera comme pseu­donyme. 10 Les Esterházy et les Pálffy entrete­naient des liens de parenté ancestraux. C'est grâce à cela et à son statut de capitaine de gar­des que János Pálffy était, avec le lieutenant de la garde György Bessenyei, un familier du châ­teau du prince Nicolas Esterházy. Le 12 du mois de saint Jacques, ce sont les gardes hong­rois qui accompagnent aux festivités d'Ester­háza l'ambassadeur français, le prince de Rohan et le baron Zorn de Bulach. Ces hautes personnalités sont logées dans les appartements seigneuriaux. Ce sont des ap­partements de deux ou de trois chambres au rez-de chaussée ou au premier étage, selon le rang de l'hôte. Zorn de Bulach note à ce propos: «Les appartements de maître sont également très bien distribués et fort bons»." Les contes Pálffy avaient aussi un appartement chez les Esterházy ce dont témoigne l'inscription effacée, faite au crayon, sous le dessus de marbre d'une encoignure 12 de la collection Esterházy, devenue propriété du Musée des Arts Décoratifs: «... gekommen aus Pálffy Zimmer, jetzt Schlafzimmer vom Kaiser». Sur le dos de l'encoignure, on trouve une vignette d'inventaire d'après laquelle ce meuble se trouvait au château d'Eisenstadt en 1866: «388 1866 Eisenstädter Schloss-Inventar Nr. 5.». Placage d'acajou, ferrures de bronze doré. Sur la frise au-dessus de la porte et sous le dessus de marbre, des fleurs de bronze verticles (illust­ration n° 3). L'autre paire d'encoignures 13 de la collec­tion de meubles du musée provenant de la même époque et ayant une décoration semb­lable, fut également propriété de la famille Es­terházy. Toutes les trois sont des meubles clas­siques prématurés d'influence française, faits en Europe centrale vers 1770-1780, dans un atelier autrichien ou de l'ouest de la Hongrie. Gottfried Edler von Rotenstein, alias comte János Pálffy eut plusieurs fois l'occasion de se rendre à Esterháza lorsqu'il voyagea en Trans­danubie et en Haute Hongrie entre 1763 et 1783. Il est le premier parmi les auteurs de rela­tions de voyage qui, tout en admirant cette féerie, tâche d'en donner une description détail­lée qui sert d'un ouvrage de référence encore de nos jours. Sa description précise de l'ameuble­ment du château peut nous donner une idée de ce que pouvait être le théâtre des célèbres festi­vités sompteuses d'autrefois. Rotenstein ne se contente pas de dire que «là on trouve tout ce qui sert l'embellissement des lieux et la trans­formation de la nature» (Kaspar Risbeck) ou que «les deux pièces ou salons du haut sont de la dernière magnificence dignes d'un souverain (Zorn de Bulach» 14 , et ne parle pas en généra­lités comme le fait Johann Lehmann: «Tout vo­yageur qui dispose de temps devrait aller voir la belle Esterháza pour qu'il ait une idée de la richesse et du bon goût d'un magnat hongrois», 15 mais c'est en parcourant toutes les salles du château qu'il conclue, avec le voyageur anglais inconnu qui accompagnait le vicomte Laval en Hongrie: «les appartements sont non seulement confortables, mais aussi luxueux, et je n'ai ja­mais vu de meubles aussi précieux qu'ici». If ' Rotenstein commence sa description par le vestibule et la salle d'honneur du premier étage. 17 Il fait état des candélabres dorés à plu­sieurs branches, des lustres de cristal, de la fres­que du plafond qu'il considère comme oeuvre d'un peintre italien 18 , des sculptures occupani les niches des quatre coins et symbolisant les quatres saisons 19 , des quatre grandes peintures à l'huile aux encadrements sculptés et dorés des deux cheminées de marbre avec ses vase; de calcédoine blanche aux ornements de bronzt dorées, des chandeliers et des pendules, de; quatre consoles à glace sur le dessus de marbn desquelles sont exposés les 12 vases et urnes d< porcelaine bleue foncée achetés pour 1050 piè ces d'or de Körmöc (Kremnitz) aux enchère: de Mme de Pompadour. C'est dans cette salli d'honneur nommée «salle chinoise» que si trouve le mobilier de salon recouvert de dama rouge brochée d'or: quatre petits canapés, hui

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