Szilágyi András (szerk.): Ars Decorativa 15. (Budapest, 1995)

VADÁSZI Erzsébet: „Magyar Versália" - Jelzett sarokszekrények Eszterházán

ERZSÉBET VADÁSZI «VERSALIA HUNGARICA» - ENCOIGNURES SIGNÉES PROVENANT DU CHATEAU D 'ESZTERHÁZA Ce fut au mois d'avril 1764, à Francfort, lors des festivités du couronnement du fils de Marie-Thérèse, le futur Joseph II, que l'atten­tion de Goethe fut éveillée par le prince hong­rois Nicolas Esterházy, entouré d'un cortège somptueux. 1 Le grand poète allemand appela «féerie» la cour du prince hongrois devinant le talent du Grand Seigneur - distingué déjà dans sa famille par le surnom «Fastueux» - pour créer un monde de rêve. La «féerie» d'Esterházy se développa dès les années 1760 pour atteindre son apogée au début des années 1770 à Eszterháza, l'actuelle Fertőd, au château du prince construit par Mar­tinelli et augmenté - d'après les recherches ré­centes - par J. M. Hefele. 2 Les voyageurs de l'époque l'appelaient à juste titre «paradis de Hongrie» ou «Versalia hongroise» puisque son exemple et son inspirateur avait été le château de Versailles de Louis XIV 3 . Nicolas Esterházy le Fastueux put admirer le château du Roi-Soleil non seulement après le couronnement de Francfort (1764), mais aussi en 1767, lorsqu'il profita de son séjour à Stras­bourg oű il devait suivre une cure, pour se rendre de nouveau à Versailles et puis à Paris aussi, villes de ses rêves. Le souvenir d'une des festivités hautes en couleur organisées au château d'Esterháza est perpétué par le grand poète hongrois de l'épo­que, György Bessenyei. 4 Le lieutenant de garde György Bessenyei ar­rive en 1772 aux lieux des «Festivités d'Ester­haza» en compagnie du prince Louis de Rohan, ambassadeur de France à Vienne. Il souligne dans son rapport: «La gloire de notre Roi et de notre Nation voulait qu'Esterháza devînt une merveille. Il fallait montrer que le goût fran­çais, élevé à Paris et à Londres, put se réaliser en Hongrie.» Le prince français est accueilli par un tab­leau vivant reconstitué d'après la peinture de Van Dyck représentant la vénerie du roi de France, Henri IV. Après ce spectacle, commen­ce une fête de trois jours, avec des feux d'arti­fice, des grandes eaux et des chasses, mais dont l'attraction principale sont sans aucun doute les représentetions d'opéra, et de théâtre de marri­onnettes oű l'orchestre est dirigé par Joseph Haydn. Un autre témoin français de ces festivités, le baron Zorn de Bulach confirme avec admira­tion dans sa relation de voyage 5 : «Il fait venir toutes les raretés de Paris». Un autre publiciste suisse - peut-être Kaspar Risbeck a aussi re­marqué: «A part Versailles, il n'y a peut-être pas d'autre lieu en France qui puisse être com­paré à Esterháza en matière de somptuosité... A Esterháza j'ai retrouvé Versailles.» 6 «Dieses Schloss ist Versailles in Frankreich ganz änlich, nur das es nicht so gross ist» - écrit Gottfried Edler von Rotenstein 7 qui envoie à Berlin entre 1763 et 1783 ses relations de vo­yage détaillées sur la Hongrie à l'intention de Johann Bernoulli fils 8 , rédacteur en chef de la collection Sammlung kurzer Reisebeschreibun­gen und anderer zur Erweiterung der Länder und Menschenkentniss dienender Nachrichten. Selon les recherches les plus récentes, le présumé gentilhomme autrichien G. v. Roten­stein, résidant à Presbourg, n'est autre que le comte János Pálffy (1744-1794), qui, d'après

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