The Hungarian Student, 1958 (3. évfolyam, 1-2. szám)
1958-10-01 / 1. szám
ainsi la nature de la révolution: «Nous avions un triple but, à savoir instituer l’indépendance nationale et un gouvernement autonome à la place de la servitude imposée par les Russes, remplacer ensuite le régime communiste par un système social conforme à l’esprit et au mode de vie du peuple hongrois, et enfin établir la démocratie à la place de la dictature». 25 étudiants se sont efforçés de donner une définition plus générale, montrant que le peuple hongrois aurait résisté non seulement au communisme mais aussi à toute autre forme de totalitarisme, et ils ont répondu comme suit: «Notre lutte pour la liberté avait pour but de restaurer notre indépendance nationale et un gouvernement autonome, mais elle visait aussi à donner au peuple hongrois le droit de choisir lui-même son mode de vie politique, sociale et économique». Trois étudiants estiment que l’insurrection était dirigée uniquement contre le communisme, tandis que deux sont d’avis qu’elle a été un réveil du nationalisme hongrois, «qui combat en même temps toute forme de communisme». Sur les étudiants interrogés, 88 % estiment que les écrivains hongrois et les membres du cercle Petőfi ont joué un grand rôle dans la préparation du soulèvement, tandis que 5 % rejettent même la supposition que la révolution a été préparée. A la question de savoir si le peuple et ses chefs ont commis des erreurs durant le soulèvement, 76 % des étudiants répondent par l’affirmative, 20 % blâment la confiance placée dans les promesses des Soviétiques et les entretiens du général Maleter avec les Russes. 24 % estiment qu’il y a eu un manque d’organisation, 17 % ont l’impression que les divers partis se sont constitués trop tôt et 6 % désapprouvent l’allocution prononcée par le cardinal Mindszenty le 3 novembre. Que serait-il arrivé si la révolution avait triomphé? Telle est la question qui nous est posée presque chaque jour par d’anciens réfugiés et par des ressortissants d’autres pays; c’est une question que nous nous posons aussi nous-mêmes, qui avons combattu pour la victoire de la révolution. Il s’agit d’une question difficile, et seule la nation hongroise toute entière pourrait y répondre. Néanmoins, il est intéressant de connaître les opinions de quelques étudiants hongrois, tout spécialement parce qu’elles réfusent la théorie selon laquelle le soulèvement n’a réalisé qu’une unité d’efforts négatifs et a laissé en suspens la réponse à tous les futurs problèmes. 16