Századok – 1990

Tanulmányok - Romsics Ignác: Bethlen István külpolitikája 1921–1931 V–VI/577

614 ROMSICS IGNÁC A 30-as évek elejétől azonban, amikortól a revízió a nyugat-európai országokban is fokozatosan szalonképes fogalommá vák, érezhetően nehezítette támogatók és szim­patizánsok szerzését. Ignác Romsics: LA POLITIQUE EXTÉRIEURE D'ISTVÁN BETHLEN 1921-1931 (Résumé) Les différentes options du gouvernement de Bethlen, qui s'étendait sur dix ans, peuvent être divisé­es en trois phases principales au point de vue de la politique extérieure. Entre 1921 et 1931, tenant compte de l'état fluide de la situation internationale, le gouvernement Bethlen envisageait différentes conceptions et différents pocédés à suivre. Il s'est proposé, comme une des options possibles, d'établir une coopération avec quelques pays de la région (en premier lieu la Pologne, puis la Roumanie et, éventuellement, l'Autriche), tout en tournant à son profit les conflits qui opposaient entre elles les puissances victorieuses et ce, pour assurer à une telle coopération l'arriere-plan international et obtenir, à partir de cette donne complexe, une modification à base ethnique des frontières établies à Tri­anon. L'autre voie qui s'Offrait à Bethlen entre 1921 et 1923 était celle d'une alliance des pays vaincus, sous la direction de l'Allemagne, en vue de faire éclater le statu qu par les armes et de rétablir, dans la me­sure du possible, les frontières historiques. Sous l'effet de la logique contraignante de l'évolution internationale, Bethlen s'est rendu compte, en automne 1923, qu'une politique revancharde avait perdu toute chance d'être soutenue sur le plan internati­onal Ainsi, jusqu' i la fin de 1926, sa ligne de politique extérieure se caractérisait surtout par des efforts „d'intégration" et d'acceptation vis-à-vis les exigences internationales. En été 1926, la Société des Nations a levé le sévère contrôle financier imposé à la Hongrie, et le 15 mai 1927, la surveillance des affaieres militaires du pays a également cessé. Profitant de cette nouvelle si­tuation et des „fissures" du statu quo de Versailles, Bethlen s efforçait, entre 1927 et 1931, deobtenir, par des moyens diplomatiques, l'appui des grandes puissances et de „démanteler" la Petite Entente. Tout cela dans l'intention de jeter les bases d'une future révision territoriale. La politique étrangère dite „active" de Bethlen entre 1927 et 1931 a enregistré à la fois des succès et des échecs. Sa plus grande réussite consiste dans le fait qu' à la fin des années 1920 la Hongrie put bri­ser l'isolement qui l'entourait dans les années précédentes et gagner des positions meilleures face à la Pe­tite Entente en profitant de situations concrètes. On doit porter également à son actif le maintien de sa li­berté de mouvement sur le plan international. Le soutien de l'Italie lui fur accordé „gratuitement"; elle n' a fait en contrepartie aucune concesion, aucun engagement contractuel, qui lui soient devenus préjudiciab­les par la suite. Enfin, la diplomatie hongroise a su tirer profit, avec habileté, des différends franco-alle­mands qui reprenaient à partir de la fin des années 1920. Action qui se gratifia de résultats concrets à par­tir de 1931. Néanmoins, la politique extérieure de Bethlen devait manquer son but principal, le démantèlement de la Petite Entente. Cet objectif, certes, semble avoir été irréaliste dès le début, vu les revendications ter­ritoriales de la Hongrie, l'affaiblissement du pays et sa position d'interlocuteur désavantagé. Il aurait eu quelque chance d'aboutir si les Hongrois avaient pu susciter en Roumanie un sentiment d'insécurité en étab­lissant des relations avec les Soviétiques. Mais toute tentative dans ce sens se heurtait à une résistance fa­rouche sur le plan de la politique intérieure. C'est là peut-être qu'on trouve la plus grande déficiance de la politique extérieure de Bethlen — bien que lui-meme n'en fut guère responsable. Un autre élément néfaste de cette politique était la surestimation de la force et du rôle médiateur de l'Italie. Supposer que l'Italie serait à même de pallier l'Influence de l'Allemagne ou de l'Union Soviétique témoignait d'une vision erronée des choses. En 1927-1930, les données du moment pouvaient, certes, jus­tifier une telle conception, mais les indices économiques et démographiques annonçaient déjà clairement la déchéance porgressive de l'Italie dans la hiérarchie des puissances européennes.

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