Századok – 1983
TANULMÁNYOK - Eperjessy Géza: Zsidó iparűzők a reformkori szabad királyi városokban 711
740 EPERJESSY GÉZA d'autres centres industriels et commerciaux du Sud de la Hongrie aussi, par exemple à Újvidék (Novi Sad) et à Temesvár, (Timisoara) les bourgeois privilégiés considéraient comme particulièrement dangereux si les entrepreneurs juifs s'adonnaient au commerce en gros ou si, leur richesse en capitaux étant certifiée, il tentaient d'obtenir un brevet de manufacture. À Szeged et dans d'autres villes aussi, comme par exemple Győr, de plus important centre avant 1848 du commerce du blé en Hongrie, les bourgeois privilégiés tentaient d'empêcher les Juifs d'ouvrir des boutiques et s'occuper de métiers industriels corporatifs, tout en leur permettant dès les débuts de s'adonner au commerce des produits agricoles, ouvrant par là devant eux, sans le vouloir, la branche la plus lucrative du commerce. La concurrence entre les bourgeois „de souche" de Szeged et les Juifs de la ville s'occupant de métiers industriels est remarquable aussi à cause des arguments idéologiques modernes auxquels se référaient les deux parties, que leurs descendants professaient même après une centaine d'années. Les bourgeois de Debrecen se refusaient à donner à bail les débits de boissons à des Juifs même si cceux-ci promettaient un prix bien plus élevé que les chrétiens. A Kassa (Kosice) par contre, la bourgeoisie privilégiée et la magistrature n'avaient rien contre la permission aux Juifs de prendre part à l'adjudication du droit de débiter de l'eau de vie. L'auteur démontre à l'aide de plusieurs données que les excès antisémites éclatés au printemps 1848 dans certaines villes de la Hongrie, avaient des antécédents avant 1848 aussi. Les combattants les plus actifs dans les luttes contre les Juifs se trouvent dans la plupart des cas parmi les membres des Corporations, comme par exemple à Győr ou à Székesfehérvár. A Győr des troubles n'on pas eu lieu et à Székesfehérvár le commissaire délégué par le gouvernement révolutionnaire (Ferenc Pulszky) y mit vite fin. Pour clore son étude, l'auteur indique que les Juifs, dont aussi les artisans persécutés par les corporations, furent, au début de la révolution, exclus de la garde nationale, mais après l'attaque de Yellatchitch ils y furent admis et aussi dans l'armée nationale,et, dans un nombre dépassant bien des groupes de la population, combattirent avec héroisme pour la cause de la révolution bourgeoise en Hongrie et de la guerre d'indépendance. Devançant bien des pays européens, l'assemblée législative hongroise adopta fin juillet 1849 l'émancipation des Juifs, mais qui, vu la chute de la guerre d'indépendance, ne put pas être mise en pratique.