Századok – 1981
TANULMÁNYOK - Szűcs Jenő: Megosztott parasztság - egységesülő jobbágyság. A paraszti társadalom átalakulása a 13. században. (II. rész.) 263/II
EGYSÉGESÜLŐ JOBBÁGYSÁG A 13. SZÁZADBAN 319 Dans le troisième chapitre (conséquences sociales et juridiques. IM classe des serfs en voie d'unification.) l'auteur décrit la réorganisation et réstratification explosives de la collectivité paysanne dans la seconde moitié du XIIIe et au début du XIVe siècle. La base de cette évolution est la "révolution agraire" en voie de formation, la productivité agricole accrue et l'évolution rapide des rapports du marché. Mais cette évolution était accélérée par les pertes de la population causées par l'invasion mongole (le prix accru de la main d'oeuvre) d'une part et de l'autre par les changements radicaux survenus dans l'organisation domaniale du pays; la nouvelle politique domaniale du roi, les multiples donations avaient comme résultat que les domaines privés laïcs ont multiplié leur nombre et avaient donc besoin d'un grand nombre de colons. On ne pouvait que partiellement satisfaire à ce besoin en faisant venir des colons étrangers, et une part considérables en était recrutée des masses serviles fuyant les anciennes servitudes et s'évadant des domaines de leur seigneur. Les paysans qui, dans le cadre de cette mobilité "illégale", s'établirent sur les nouveaux domaines provenant d'une donation, acquirent en général le statut juridique plus libre désigné déjà plus tôt sous le terme iobagio. Dans ces mouvements, nés dans les organisations domaniales rigides, archaïques (1247, 1254, 1264 etc! ), l'objectif des insurgés était précisément d'obtenir ce statut juridique plus libre (iobagionalis libertás). L'auteur procède à une analyse détaillée de l'histoire de cette notion pour montrer comment déchut la dénomination iobagio (en hongrois jobbágy), désignant auparavant surtout les membres de la suite féodale, comment, par changement sémantique, devint aux alentours de 1300 désignation générale du paysan de type occidental, exploitant indépendamment sur manse, libre de sa personne, obligé à des prestations limitées. Ce processus était favorisé par la politique royale en résultat de laquelle une grande partie de la strate militaire-administrative des domaines ecclésiastiques (iobagiones acclesie), quelque neuf dixièmes, comme en témoigne le cas de l'abbaye de Tihany (1267), furent classés, tout en gardant le nom iobagio, comme paysans payant un impôt en monnaie. La même chose arriva dans le cas de la strate militaire archaïque (iobagiones castri) de l'organisation des forts royaux. Dans les grands domaines civils, les sujets du seigneur domanial sont nommés, dès après 1270, en général iobagio. Cette strate a obtenu, en plus modeste, les droits des éléments paysans plus libres, nommés déjà liberi iobagiones d'une part, et de l'autre ceux des hospites Cette évolution avançait vers 1260/70 aussi dans les domaines traditionnels, de caractère institutionnel, plus strict. Ayant en vue des intérêts de colonisation, les rois Béla IV et Etienne V améliorèrent la situation des populations (populi) sur les domaines royaux privés en adoptant des séries de réformes (1257, 1265, 1270), grâce auxquelles celles-ci s'élevèrent, à tous les égards, au seuil de la situation jurdique des hospites. Les mouvements paysans dans les domaines ecclésiastiques transdanubiens (1264, 1269, 1270 etc.) forcèrent, d'un village à l'autre, les monastères à leur accorder la condicionalis libertás. Après 1300, les habitants de ces villages sont également mentionnés dans les sources en tant que iobagiones. Il arrivait, surtout dans le cas de nouvelle donation de domaine, qu'un village "condicinalis" obtint tout d'un coup les libertés des hospites (1275). Dans tous ces cas, un contrat fixé par écrit devant un chapitre ou un convent détermina les droits et les obligations entre le seigneur et les paysans. Après 1300 on ne peut tenir compte que des survivances de la servilité et de la condition de caractère servile (servilis conditionis). Le statut paysan, juridiquement homogène, désigné en Hongrie jusqu'au début des temps modernes du nom de jobbágy (serf), était en substance proche du statut obtenu par la paysannerie occidentale au XIIIe siècle, et devint général en Hongrie vers le milieu du XIVe siècle.