Századok – 1981

TANULMÁNYOK - Tilkovszky Lóránt: A magyarországi németség ügye a Darányi-kormány idején. (2. rész.) 1091/VI

A MAGYARORSZÁGI NÉMETSÉG A DARÁNYI-KORMÁNY IDEJÉN (2. RÉSZ) 1135 la minorité allemande de Hongrie, et de faire reconnaître la Volksdeutsche Kameradschaft en tant que représentant véritable de ce "Volksgruppe". L'étude présente les préparatifs poussés de la partie hongroise et de la partie allemande aux négociations faites par le ministre des affairs intérieures Kozma sur cette question au cours de sa visite à Berlin en décembre 1936. Ces négociations ont offert la possibilité d'éclaircir réciproquement, avec une documentation abondante, les positions opposées, sans pour autant aboutir à une solution. Elles n'ont prévu que certains pas à faire, entre autres: 1. l'amnistie accordée à Bäsch en janvier 1937, par suite de quoi la Volksdeutsche Kameradschaft se sentait encouragée et intensifia l'agitation soutenue par la VDA; 2. la position prise dans la question des minorités par Darányi au Parlement, en mai, mais dont la condamnation de la magyarisation des noms de famille et de l'application d'autres moyens de force pour l'assimilation, n'a en pratique pas changé du tout le comportement chauvin des autorités et des organisations de masses; 3. l'échange de déclarations entre József Széli, nouveau ministre hongrois des affaires intérieures, et Rudolf Hess, survenu seulement en juillet à cause des incidents survenus dans le village Elek (habitants allemands maltraités en masse par les gendarmes) et à cause d'autres circonstances gênantes (avant tout la prise de position par la Volksdeutsche Mittelstelle dans la question de la représentation de l'ethnie allemande en Hongrie, pour le groupe Bäsch et contre la tendance représentée par Gratz), mais qui est resté également inefficace des deux côtés. Entretemps, des débats extrêmement vifs se déroulaient dans la vie publique hongroise sur les jugements à porter sur le mouvement allemand en Hongrie et ses aspirations. Dans l'étude on trouve l'analyse surtout des conceptions de Gyula Szekfű, Dezső Szabó, Endre Bajcsy-Zsilinszky, amis aussi d'abondantes citations de différentes déclarations faites au Parlement. Tout cela fait apparaître la crainte de l'expansion nazie-pangermanique, surtout si, par l'Anschluss, l'Allemagne devient voisine immédiate de la Hongrie et peut ainsi exercer son influence avec plus d'intensité sur les territoires transdanubiens habités par des Allemands, et sur les classes dominantes, comprenant un nombre important d'Allemands assimilés qu'avec sa propagande de dissimilation elle peut mettre au service de ses propres intérêts et miner ainsi la force de résistance et l'indépendance de l'État hongrois. Il est démontré dans l'étude que face aux ambitions dangereuses de la politique de minorité des nazies (Volkstumspolitik), la politique hongroise aurait dû satisfaire, dans une mesure et avec une détermination exigées, aux revendications justifiées de la minorité allemande. Mais les forces chau­vines, qui influençaient intensément l'opinion publique, sabotaient avec succès la mise en vigueur des mesures prises par le gouvernement (dont la réforme scolaire des minorités) qui n'offraient de toute façon que des possibilités limitées. Vu tout cela, en septembre 1937, deux mises en garde boulever­santes furent adressées par la tendance modérée des Allemands de Hongrie, une au ministre de la culture Hóman, par Huber, dans une lettre ouverte, l'autre au premier ministre Darányi dans un memorandum de Gratz. Selon ce dernier "le dernier moment est venu" pour satisfaire équitablement aux demandes justifiées des Allemands de Hongrie d'une part, et de l'autre pour une action ferme contre la tendance de Bäsch qui, financée par l'Allemagne et se conformant aux instructions venues de là, exploite le problème resté sans solution pour servir des objectifs étrangers, car "si nous ne pouvons pas contrecarrer ce mouvement, il faudra tenir compte de la possibilité que dans quelques années les Allemands de Hongrie deviendront un simple instrument pour la politique allemande." Gratz pourtant n'obtint que de promesses creuses et son pronostic s'est réalisé plus tôt qu'il n'avait pensé. Le gouvernement Darányi s'est laissé abuser par les changements survenus en octobre 1937 dans la direction de la VDA (élimination de Steinacher) et par la déclaration solennelle faite par le secrétaire d'État Bohle à Budapest, en janvier 1938, selon laquelle la NSDAP n'intervient pas dans les affaires de la minorité allemande en Hongrie. Il était cependant influencé par les négociations de Berlin en novembre 1937 où les hommes d'État hongrois furent initiés aux projets allemands contre la Tchécoslovaquie qui ouvraient la voie aussi pour le révisionnisme hongrois. Enfin, dans cet État de la petite Entente pouvait se réaliser la coopération entre les minorités hongroise et allemande que le gouvernement hongrois demandait avec insistance, mais sans succès jusque-là. Par suite de tout cela, l'Anschluss en mars 1938, donc l'influence de l'Empire germanique devenue directe, eut comme résultat en Hongrie que la Volksdeutsche Kameradschaft, galvanisée pour ainsi dire par les événements en Autriche, et alliée aussi aux nazis allemands des Sudètes, pouvait sans encombre exploiter dans démagogie les revendications justifiées, mais toujours insatisfaites, de la minorité allemande en Hongrie.

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