Századok – 1975

Történeti irodalom - A Magyar Munkásmozgalom Történetének Válogatott Bibliográfiája 1945–1971 (Ism. Szilágyi János) 304/I

336 HERMANN ZSUZSANNA Zs. Hermann: La situation des finances de l'Etat et de la monnaie en Hongrie à l'époque antérieure à Mohács (Résumé) La situation dos finances de l'Etat à l'époque des Jagellons est révélée par les historiens le plus souvent de façon que les données de l'époque du roi Mathias Corvin sont mises en parallèle avec celles du préliminaire budgétaire dont le manuscrit fut, d'origine, publié en 1803 par Ludwig von Schedius. (Ce manuscrit se trouve dans la Bibliothèque Universitaire de Budapest, Litterae et epistolae originales. 254.) Un examen plus appro­fondi de ce document permet de constater que de telles comparaisons sont trompeuses, mais le bordereau reflète lui-même les problèmes graves des finances que devaient affron­ter le budget de l'Etat hongrois à l'époque antérieure au désastre de Mohács (1526). Selon Schedius le manuscrit sans date remonte aux années 1523 ou 1524. On a réussi à réduire cette période d'une durée de 2 ans à quelques semaines, à l'aide d'une lettre, adressée le 14 avril 1523 par Hans Alber, agent des Fugger à Buda à Elek Thurzó de Bethlenfalva, trésorier royal. L'agent des Fugger, en rendant compte de l'activité du frappage de la monnaie de la Chambre de Körmöcbánya (Kremnitz), a indiqué le même montant en tant que rentrées de la Chambre en 1522, lequel montant figurait au pré­liminaire budgétaire comme rentrées prévues de la Chambre. La coïncidence des chiffres des deux montants nous a permis de tirer les conclusions suivantes: 1. Le préliminaire budgétaire a été préparé aux journées ou semaines après le 14 avril 1523 et — selon toute probabilité — exprès pour la Diète convoquée à la même époque, dans le but de la stimuler — en révélant l'insuffisance des rentrées du souverain — à allouer un tribut plus élevé. 2. Bien que le bordereau ait été, au fond, — quant à sa forme et sa destination — le préliminaire budgétaire pour l'année 1523, il a dénombré, cependant, les rentrées et les dépenses réelles de l'année précédente. 3. Le bordereau portait ces données de provenance de l'an 1522 tout à fait avec exactitude. Toutefois, il serait erroné de comparer les chiffres du bordereau — bien qu'ils soient exacts — aux données d'avant 1521, car la monnaie dont il s'agit est denier d'argent ayant cours forcé, évalué à plus du double de sa valeur réelle. La monnaie nouvelle dont le contient d'argent approchait la moitié de celui du denier précédent — qui lui fixa la valeur nominale — fut frappée pour la première fois au mois d'août, 1521, dans le but d'employer le rendage à défendre le pays contre les Turcs qui assiégeaient — et finirent par prendre — la ville de Belgrade. La littérature présume Imre Fortunatus d'être initiateur de la dépréciation de la monnaie, bien que les sources n'en disent rien. lies mêmes sources rendaient, cependant, incontestable que dans l'exécution de la dépréciation de la monnaie, Elek Thurzó s'est partagé avec les Fugger. Le centre de la frappe de la Hongrie, la Chambre de Körmöcbánya, a été pris à bail à partir de l'an 1498 par la famille Thurzó — János Thurzó et fils — qui, en vertu d'un contrat conclu en 1499, ont concédé la moitié du revenu de la Chambre aux Fugger. Au témoignage de la lettre de Hans Alber, à l'époque du frappage de la monnaie dépréciée les Fugger ont pris possession entièrement de la Chambre de Körmöcbánya alors que Elek Thurzó gérait la Chambre de Buda, dont l'activité recommença au mois de juin de l'an 1521, après une interruption demi-centenaire. Le préliminaire budgétaire, enregistrant les données de l'an 1522, s'est révélée une preuve de premier ordre en ce qui concerne le fait que lamonnaie dépréciée — lors du commen­cement de son frappage — a permis au roi de bénéficier des rentrées vraiment considérables: plus de 65. p. c. des rentrées globales relevées au bordereau provenaient du rendage. Cela nous attire l'attention à ce que le préliminaire budgétaire — àl'aide duquel les historiens illustrent l'avilissement des finances de l'Etat — donne une image beaucoup plus favorable, par rapport à la situation réelle, des rentrées du souverain de l'époque antérieure au désastre de Mohács. A partir de l'an 1524, le souverain bénéficiait à peine du frappage de la monnaie dépréciée; d'autre part, l'usage de la monnaie au cours forcé, sans valeur aboutit à une inflation extraordinaire et — en même temps — à l'aggravation d'une crise économique, sociale et militaire. Par rapport au préliminaire budgétaire préparé au mois d'avril de l'an 1523, un autre budget daté de décembre nous donne une idée plus précise sur l'état des revenus de la couronne dans les années antérieures à 1526. Ce bordereau conservé au journal du secrétaire du Chancelier polonais Krzystof Szydiowiecki, ne comprenait absolument pas les rentrées de la Chambre, et c'est pourquoi que le montant des rentrées globales y figurant ne s'est pas élevé même à la moitié de la somme des rentrées qui a été six mois auparavant relevée au prélminaire budgétaire.

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