Századok – 1969

Tanulmányok - Elekes Lajos: Az amerikai analitikusok és a történelmi relativizmus relativista bírálata 1024/V–VI

AZ AMERIKAI ANALITIKUSOK . 1045 qua très profondément les sciences sociales et historiques de l'Amérique du Nord, en particulier dans l'entre-deux-guerres (le présentisme grâce aux travaux de Becker et de Beard). Bien que relégué depuis à l'arrièreplan, son influence ne fait pas moins sentir jusqu'à nos jours, et ceci non seulement à son lieu de naissance, mais encore dans la litté­rature scientifique et culturelle de certains pays d'Europe Occidentale. Il est incontestable que les partisans du présentisme ont attiré l'attention sur­nombre de problèmes et de difficultés réelles de la connaissance et de la démonstration en matière d'histoire. Toutefois, au lieu de contribuer à leur élimination moyennant deb considérations d'ordre méthodologique, ils mirent en relief les difficultés et sources d'erreurs existantes, mais en réalité nullement insurmontables, et interprétèrent leurs causes de manière subjective et sceptique, en créant ainsi une atmosphère de méfiance à l'égard de la vérité scientifique de l'historiographie. Ils diminuèrent fortement le cré­dit de la science historique et plus généralement de toutes les sciences travaillant selon des points de vue et des méthodes historiques, et portèrent surtout préjudice aux tendences visant à former la conscience sociale, la politique et la politique culturelle sur la base des résultats de ces sciences. Selon l'idée maîtresse du présentisme, l'historiographie est essentiellement subjec­tive, dépourvue jusqu'aux conditions élémentaires de l'objectivité, incontrôlable et inexacte en ce qui concerne ses constatations. Dans la formulation extrême, devenue presqu'un adage, des deux chefs du mouvement: „Chacun est 1' historien de soi-même", et „L'histoire écrite est l'affaire de la foi". Cela signifie en d'autres termes que l'image que nous nous faisons du passé est arbitraire et accidentelle, et qu'elle ne nous autorise pas à tirer des conclusions relatives à l'avenir et à la tendance du développement, en par­ticulier dans le sens des lois objectives, correspondant à la conception historique du marxisme-léninisme. Dans les conditions historiques données cette conception correspondait aux points de vue présidant à la science et à la politique culturelle américaines et en général bour­geoises, quoique ses exagérations évidentes, sa tendance au scepticisme lui aient valu immédiatement beaucoup d'objections. Cependant les conditions ayant subi de profonds changements dans les années après la IIe guerre mondiale, la théorie satisfaisait de moins en moins aux besoins de la politique scientifique et culturelle bourgeoise. Ces besoins impliquai­ent invariablement des réserves à l'égard de la conception basée sur les lois du développement historique, ou même son refus total (avant tout celui du marxisme-léninisme), mais cette fois l'argumentation critiquée, à plusieurs points de vue, de la variante présentiste du pragmatisme ne s'avéra plus assez efficace. Ainsi naquit dans les milieux scientifiques anglo-américains des années cinquante et soixante, notamment sous le plume des spéci­alistes des sciences so< ; ales et de la philosophie d'inspiration néopositiviste, ainsi que des représentants de la philosophie d'histoire analytique une critique du relativisme et de plus près du présentisme, qui se voulait catégorique, mais qui, examiné de plus près, reste assez ambiguë. Les néopositivistes critiquent le relativisme en reconnaissant dans une proportion limitée la valeur scientifique des recherches historiques, non sans les rabaisser du niveau de loi au niveau delà probabilité plus ou moins limitée. Les analystes vont plus loin. Les représentants éminents de cette école, Dray ou Danto n'hésitent pas à mettre en pièces la majorité des arguments des présentistes et en général des relati­vistes, mais seulement pour les remplacer par d'autres. En s'appuyant en partie sur les méthodes du sémantisme, ils soulignent en premier lieu, les difficultés conceptuelles et terminologiques de la connaissance historique. Dans la discussion qu'ils poursuivent avec les présentistes (et parfois même avec les néopoomlistes), ils mettent en relief autre­ment qu'eux, mais avec tout autant d'insistance. danger de la déformation qui du fait des intérêts individuels, des conditions et des circonstances de la personne du cher­cheur se présente nécessairement dans l'interprétation des phénomènes, ou même déjà dans l'établissement des rapports de cause à effet, dans le choix des matériaux et jusque dans les phases élémentaires de la recherche. Ils examinent de manière approfondie la complexité particulière des événements et des activités humaines et les difficultés de leur explication exacte, pour démontrer l'impossibilité de les présager, autrement dit, l'impossibilité de toute prévision historique. Ce dernier point de leur argumentation dénonce la raison pour laquelle leur critique du relativisme — toute incisive qu'elle soit — est ambiguë: dans les questions fondamentales elle demeure incertaine, et pour l'es­sentiel elle fait même des concessions au relativisme. La critique du relativisme, même chez les meilleurs représentants de l'école analytique, reste finalement bloquée à l'in­térieur du cercle magique du relativisme.

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