Századok – 1966
Tanulmányok - Valiani; L.: Tárgyalások Ausztria-Magyarország és Olaszország között 1914–1915-ben 787
TÁRGYALÁSOK AUSZTRIA-MAGYARORSZÁG ÉS OLASZORSZÁG KÖZÖTT 815 L, Vallani: Dialogues entre l'Autriche—Hongrie et l'Italie en 1914—1915 Résumé La présente étude constitue l'un des chapitres de l'ouvrage intitulé «La décompo" sition de l'Autriche—Hongrie dans les années 1905 —1918» rédigé par le même auteur et se trouvant sous presse en Italie. Après avoir dépouillé les archives italiennes, autrichiennes, ouest-allemandes (et fondé sur le journal conservé aux archives hongroises d'IstvánBurián ayant rempli à plusieurs reprises les fonctions du ministre des affaires étrangères et détenu tour à tour plus d'un important portefeuille), n'ayant pas négligé non plus l'étude de la littérature internationale y relative l'auteur de l'article pose la question de savoir quelles étaient les raisons qui amenèrent le gouvernement italien à se détacher entre août 1914 et mai 1915 de l'accord tripartite conclu avec l'Allemagne et l'Autriche—Hongrie, alliance dont il fut membre depuis 1882, et de se ranger aux côtés des ennemis de ses anciens alliés et de déclarer la guerre à l'empire austro—hongrois. Comme il ressort des documents italiens récemment mis à jour le gouvernement italien, guidé par un parti pris nationaliste voire impérialiste, se considérait, dès avant l'attentat de Sarajevo, comme l'ennemi de l'impérialisme austro—hongrois aux Balkans. L'attaque lancée contre l'indépendance de la Serbie, pays balcanique, équivalait à une attaque contre les intérêts de l'Italie, intérêts qui se refusèrent à céder la domination du littoral de l'Est de la mer Adriatique à une autre grande puissance. Cependant le gouvernement italien se montra disposé à s'y mettre d'accord avec l'Autriche—Hongrie et cela en retour d'un dédommagement prévu en principe dans l'article 7 de l'accord tripartite. En échange des conquêtes à obtenir éventuellement aux Balkans (dans les territoires serbes et monténégrins) par l'Autriche — Hongrie l'Italie — ne se fiant pas à ce que la gouvernement de Vienne soit enclin après une guerre victorieuse à s'acquitter du dédommagement — réclama d'avance la cession des provinces autrichiennes de prépondérance italienne (Trento, Görz) et la reconnaissance comme ville-Etat libre de Trieste, ce qui aurait garanti dans cette grande ville maritime une pleine autonomie à la population italienne. Fortement intéressée en Italie par ses capitaux financiers y investis et supportant par ailleurs les principales charges de guerre sur les fronts décisifs l'Allemagne, elle, fut en effet plus réaliste à juger la situation de 1915 que ne l'était l'Autriche—Hongrie, aussi se mit-elle à exercer une pression surVienne, afin d'assurer à temps la satisfaction des revendications de l'Italie. Si l'Autriche—Hongrie s'était décidée dès janvier 1915, ou au plus tard jusqu'en mars de la même année à offrir à l'Italie ce qu'elle offrit — trop tard — en mai sur la pression allemande, l'ancien premier italien, adepte de la neutralité et disposant d'une majorité au parlement, aurait pu se récupérer le pouvoir (appuyé dans ce cas par le parti socialiste adoptant une position nettement antibelliciste) et aurait pu mettre des obstacles à ce que le gouvernement nationaliste de Salandra entraine le pays dans la guerre à l'encontre du peuple italien. Inédits jusqu'à présent ses rapports envoyés à Vienne attestent que l'ambassadeur de l'Autriche—Hongrie à Rome, le baron Macchio, se rendit compte de ce que la question de la neutralité et celle de l'intervention dépendait en Italie d'une rivalité masquée qui s'était déclenchée entre l'aile démocratique dirigée par Giolitti et celle nationaliste conduite par Salandra; mais quant aux conclusions l'ambassadeur fut en retard pour les tirer, alors que le gouvernement de Vienne en laissa échapper l'occasion.