Századok – 1963

Tanulmányok - Perjés Géza: Az élelemellátás kérdése Napóleon oroszországi hadjáratában 528

566 PERJÉS GÉZA: NAPOLEON OROSZORSZÁGI HADJÁRATA méritant d'ailleurs une analyse plus détaillée. L'examen du problème est d'autant plus important ear au cours de la période précédant l'expansion des chemins de fer le rapport existant entre le ravitaillement et la stratégie soulève des questions de principe sur le plan des recherches poursuivies dans le domaine de l'histoire militaire. L'auteur met en doute cette supposition suivant laquelle des changements soient survenus dans la stratégie à la suite de la Révolution française et des guerres napoléoniennes, comme l'atteste la majorité des spécialistes d'histoire militaire, étant donné que la Révolution française ne produisit des transformations essentielles ni dans les conditions démographiques, ni sur la plan de la production agricole, ni dans la technique des transports, facteurs qui à l'époque précédant l'expansion des chemins de fer avaient une influence décisive sur le ravitaillement des armées et par cela sur la stratégie, ehe. Le fait qui atteste que les guerres menées par la république française et par Napoléon supprimèrent les moyens traditionnels du ravitaillement de l'armée semble contredire à ce qu'on vient d'affirmer. Cependant l'auteur est d'avis que ces guerres sont à considérer comme des exceptions, vu qu'elles se sont déroulées dans les régions les plus fertiles et- les plus populeuses et en présence d'une armée dont l'effectif surpassa guère celui des armées de l'ancien régime. Sous cet aspect des choses il s'avère très important d'examiner les campagnes où l'armée française ne se trouva pas dans des conditions exceptionnellement favorables. C'est ce qui explique l'importance d'une analyse à consacrer à la campagne de Russie. L'auteur se met tout d'abord à analyser la conception de Napoléon touchant les opérations militaires. Se fondant sur des données de statistique historique il reconstruit les conditions agraires, démographiques et de communication que connut le champs des opérations militaires. 11 parvient à affirmer que Napoléon se fit une idée très exacte sur les conditions du théâtre do la guerre et ce faisant il établit le plan des opérations. L'idée fondamentale du plan est la suivante: le champs des opérations militaires ne s'affirme pas susceptible à ravitailler l'armée: y tenant compte 1. il faut provoquer une décision subite, 2. mais avant de l'obtenir il faut se rendre indépendant, quant au ravi­taillement, du champs des opérations et le baser sur les transports. Dans la suite l'auteur soumet à l'analyse la quest ion de savoir en quelle mesure les décisions de Napoléon permirent la réalisation de ces objectifs. S'appuyant sur l'analyse du méchanisme des transports faite à l'aide d'un graphique reflétant la marche de l'armée et le rhythme des transports il arrive à démontrer que théoriquement ces objectifs-là auraient pu être atteints au cas où dans les limites du ravitaillement marquées par la ligne Vitebsk—Moghilev, on réussissait à porter un coup décisif à l'armée russe. Pour continuer l'auteur se penche sur l'étude des conceptions professées par la cour tzariste sur le plan des opérations militaires. 11 porte une attention toute particulière au plan établi par Phull, plan qui à la base de la conception de Clausewitz fut considéré par les études d'histoire comme érroné et comme tel rejeté dans son entier. L'auteur ne manque pas de démontrer que le plan de Phull s'affirma le contre-pied, la «négative» des conceptions prêchées par Napoléon: si celui-ci comptait à la réalisation du ravitaillement. Phull, lui, n'était pas — à la base des données statistiques — sans prouver le contraire; si Napoléon aspirait à un succès rapide, Phull proposa l'ajournement de la décision. Tout ceci amène l'auteur à considérer le plan de Phull comme juste et à constater qu'encore que l'armée française ne pût essuyer une défaite plus grave même compte tenu de ce plan, la destruction de Moscou aurait pu être évitée. La partie suivante de l'étude décrit comment le plan de Napoléon a-t-il échoué et comment l'armée française se trouva-t-elle dépourvue de toute nourriture. Le manque en nourriture causa, en effet, de graves pertes, et empêcha, en fin de compte, la défaite de l'armée russe. Pour terminer l'auteur de l'étude met en relief le rôle que le chef de l'armée russe Koutouzov avaient à jouer dans la conquête de la victoire et affirme que ni les éléments ni le manque en nourriture n'auraient pas provoqué, eux seuls, la catastrophe de la Grande Armée. Sans une résistance obstinée témoignée par l'armée russe, sans le soulève­ment du peuple et sans la personne de Koutouzov s'étant affirmé susceptible à activer les possibilités recelées par l'armée et par le peuple russe les problèmes de Napoléon se se­raient trouvés réduits à de simples questions d'administration. Le grand organisateur qu'il était les aurait surmontés sans aucune doute. G. PERJÉS

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