Századok – 1963
Tanulmányok - Kónya Sándor: Az első Gömbös-kormány megalakulása és programja 332
368 KÓNYA S ANDOR: AZ ELSŐ GÖMBÖS-KORMÁNY MEGALAKULÁSA ÉS PROGRAMJA l'assurance rlu rôle dirigeant de l'État hongrois dans le Bassin danubien et la révision du Traité de Trianon. Il entendait assurer cet objectif sur le plan de la polit ique extérieure par le développement de l'armée tout en réclamant l'égalité dans le domaine des armements. A l'exemple italien, par l'introduction du système de représentation des intérêts, il inscrivit à son programme la liquidation des organisations légales de la classe ouvrière et prévit en outre la répression de toute manifestation progressiste agissant contre ses aspirations ouvertement fascistes. En vue de l'extension du système d'État de la dictature ouvertement fasciste il projeta la réorganisation du système administratif (formation d'un nouvel ministère, organisation de plus grandes unités administratives dans les comitate, liquidation des autonomies locales, congédiement des fonctionnaires qu ne lui paraissaient pas digne de confience). Pç>ur effacer les antagonismes de classe il proclama la paix de classes, la destruction des barrières sociales, «la fraternité» des capitalistes et des ouvriers d'une part, colle des grands propriétaires et des paysans de l'autre. Il assura les classes dominantes du maintien de la forme de production capitaliste, mais pour éeonduire las masses il promit de ronger les abus du capitalisme. Dans son programme il prétendait favoriser les intérêts du capital financier et de la grande propriété, de la bourgeoisie moyenne, ainsi que ceux de la petite bourgeoisie. Afin d'apaiser la faim de terre témoignée de la part des paysans il prévit «des réformes de politique agraire» de grande envergure. Il lança des promesses visant à diminuer le chômage et les charges fiscales. Quant aux promesses faites à l'égard de la classe ouvrière et à la paysannerie elles s'affirmèrent de pure démagogie servant dans leur essence à tromper les masses laborieuses. L'investiture de Gömbös, sa démagogie, sa «campagne de mots d'ordre» avaient le plus fort effet à exercer sur les couches petites-bourgeoises et intellectuelles, ainsi que sur les couches moyennes des villes et des villages. La prise de position des différents groupes de la classe dirigeante se vit déterminée en première ligne par l'espoir qu'ils avaient dans la prétendue faculté du gouvernement à rétablir «l'ordre», c'est dire à réaliser tout d'abord les promesses qu'il leur a faites. Le gouvernement de Gömbös fut, en présence de quelques réserves, admis par les partis bourgeois oppositionnels. Lorsqu'ils se taissaient ils appuyaient le gouvernement de Gömbös et ne démasquaient point ses aspirations visant à une dictature ouvertement fasciste. Cette prise de position leur fut facilitée d'autant pins car Gömbös inscrivit à son programme la plupart des revendications formulées par l'opposition bourgeoise. Les dirigeants du Parti social-démocrate se défendaient plutôt contre l'attaque de Gömbös que de lutter contre elle. Utilisant l'athmosphère favorable qui régnait lors de son début Gömbös se mit à créer un part/ fasciste de masse. Il prit de Bethlen la direction du parti gouvernemental et installa aux postes de clé ses propres adhérents. Par la création de ce parti de masse, par l'établissement des organisations locales et de province il entendait changer à sa faveur les conditions de forces étant en vigueur au sein du parti gouvernemental. Se fiant à la terreur qui se manifesta de la part du gouvernement de Gömbös la bourgeoisie lança, par l'abaissement des salaires, par le congédiement des ouvriers et par l'accroissement de l'intensité du travail, une nouvelle attaque contre la classe ouvrière. Par un décret d'ordre confidentielle gouvernement intima l'ordre de prendre des mesures plus sévères, au cas de nécessité même ayant recours à la force armée, pou/ le recouvrement des impôts. Par la ma joration des impôts et par la diminution des salaires le gouvernement essaya d'améliorer la situation des finances publiques. Ces mesures-ci ne tardèrent pas de dissiper les illusions éveillées au cours des premières semaines et la situation du gouvernement se vit détériorée. La terreur toujours croissante, le mécontentement des masses incitrèent les représentants des partis oppositionnels d'adopter une position plus résolue contre la politique pratiquée par le gouvernement. La majoration des impôts décrétée le 1er février 1933 provoqua une indignation si profonde que le ministère des affaires intérieures se vit contraint d'interdire les réunions. Quatre mois passés après son avènement au pouvoir la situation de Gömbös devint précaire, mais il réussit à éviter l'échec. Il se vit secouru par l'avance que le fascisme connut à l'échelle internationale, par l'accession au pouvoir de Hitler. La situation du gouvernement se t rouva allégé par la fait que la vie économique du pays sortit en hiver 1932/33 de l'abîme où elle se trouvait à la suite de la crise économique et, encore qu'à pas lents, la production industrielle accusa une tendance d'accroissement et les efforts déployés par le gouvernement en vue de placer les produits agricoles à exporter n'étaient pas. eux non plus, sans enregistrer certains résultats. S. KÓNYA