Századok – 1954

Krónika - Szántó Imre: Kolacskovszky Lajos (Nekrológ) 235

RÉSUMÉ ZSIGMOND PÁL PACH: LE PROBLÈME DE LA CONCENTRATION DES FORCES NATIONALES DANS LA GUERRE D'INDÉPENDANCE DE RÁKÓCZI Au cours du XVIIe siècle, c'est-à-dire avant le mouvement organisé par François II Rákóczi,les luttes d'indépendance avaient déjà mis sur le tapis une question capitale : il s'agissait de savoir, dans quelle mesure le groupe anti-Habsbourg de la classe des propriétaires terriens était capable de s'appuyer sur la paysannerie, dans quelle mesure elle osait recourir aux puissantes sources d'énergie révolutionnaire qui se cachaient dans les masses, dans quelle mesure elle savait opposer à l'oppression étrangère cette large concentration des forces nationales qui, soutenue par l'appui des masses laborieuses, aurait été l'unique garantie de l'acquisition et de l'affermissement de l'indépendance nationale. A l'époque de la guerre d'indépendance de Rákóczi, grâce à l'initiative de la paysannerie et des vagabonds dits »szegénylegény«, on vit naître une réelle concen­tration des forces : elle était favorisée par les efforts enthousiastes des serfs enrôlés dans l'armée, ainsi que par la politique nationale de Rákóczi qui émergeait du milieu féodal comme un facteur particulièrement progressiste ; les succès obtenus pendant les pre­mières années de la guerre d'indépendance s'expliquent précisément par la concentration des forces. D'autre part, même le déclin de la guerre d'indépendance est inséparable de ce phénomène, puisqu'il résultait — par suite de l'affermissement de la ligne féodále dans les milieux dirigeants — des contradictions intérieures, de plus en plus aiguës, de la con­centration des forces. Au milieu de la guerre les propriétaires féodaux de la terre, crai­gnant les masses armées des serfs et cherchant à assurer par tous les moyens le maintien de l'exploitation féodale, désarmèrent une bonne partie des troupes. Cette prédomi­nance impitoyable des intérêts de classe décourageait la. paysannerie et diminuait consi­dérablement sa combativité. . Quant à Rákóczi lui-même, il restait fidèle au principe de la concentration des forces nationales ; pour mieux dire, il cherchait à régler les relations des seigneurs et des serfs à la base de la patente de Vetés, émise à l'automne de 1703, première année de la guerre d'indépendance, précisément dans l'intérêt de la concentration des forces. Mais il ne se rendait pas compte du fait qu'au cours des années, à cause des change­ments survenus dans la répartition des forces de classe, cette solution devenait toujours moins satisfaisante. Il aurait dû encore faire un pas décisif et donner satisfaction à la principale exigence de la paysannerie armée : il aurait dû lui assurer la liberté même pour la période postérieure à la guerre d'indépendance et faire des promesses au sujet des privilèges des villes des »hajdus«. Pendant la période ascendante de la guerre d'indépendance, Rákóczi n'avait pas reconnu la nécessité de cette démarche: ne pouvant se soustraire entièrement à l'influence de son milieu féodal, il était incapable de se débarrasser de ses entraves de classe. Ce n'est que pendant la période de déclin du mouvement qu'il pensa à satisfaire à ces voeux, comme en témoigne la résolution de Sárospatak (1708). Mais il était déjà trop tard ; la nouvelle décision ne pouvait plus ranimer les foules. Les contradictions intérieures étaient déjà si aiguës qu'il ne pouvait en résulter qu'une seule chose : la désagrégation de la concentration des forces. Le principal enseignement qu'il convient de tirer de la guerre d'indépendance de Rákóczi consiste en ce que la concentration des forces nationales, pour être ferme et indissoluble, doit s'appuyer sur l'alliance des classes travailleuses, sur les intérêts qui les animent, ainsi que sur l'idée d'une lutte inexorable contre tous les ennemis des masses laborieuses.

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