Századok – 1953
Tanulmányok - H. Haraszti Éva: Beszámoló a Magyar Történész Kongresszusról 463
RÉSUMÉ Á. M. PANKRATOVA : LA SIGNIFICATION INTERNATIONALE DE LA PREMIÈRE RÉVOLUTION RUSSE DE 1905—1907. Avec la naissance et le développement de l'impérialisme, le centre des mouvements révolutionnaires se transfera en Russie où, au tournant du siècle, mûrissait une puissante révolution populaire. Dans la Russie impérialiste militaro-féodale, c'est une révolution bourgeoise-démocratique qui était à l'ordre du jour. Cependant, la force directrice n'en était plus la bourgeoisie, pactisant, elle, avec le tsarisme, mais le prolétariat. Dans les premières années du XXe siècle, et en particulier dans les conditions engendrées par la guerre russo-japonaise, il s' était créé en Russie une situation révolutionnaire. C'est de cette situation que sortit le mouvement révolutionnaire, fruit du crime odieux perpétré par le tsar en la journée du »dimanche sanglant« du 22 janvier 1905. Le déclenchement de la révolution russe eut un immense retentissement parmi les ouvriers des pays d'Europe. Dans de nombreuses capitales, les ouvriers manifestèrent devant l'ambassade de Russie et des meetings de solidarité étaient organisés. Les représentants des intellectuels progressistes élevèrent aussi la voix pour défendre les victimes des sanglantes représailles exercées par le tsarisme. La révolution russe eut des répercussions particulièrement profondes en Autriche-Hongrie, laquelle était non seulement limitrophe de la Russie, mais, par sa structure socialo-politique, lui ressemblait aussi à beaucoup d'égards. A Vienne, puis parmi les nations opprimées de la monarchie multinationale, en Bohême, en Galicie, en Hongrie, etc., l'on vit se dérouler de violentes manifestations dans les premiers mois de l'année 1905. C'est à bon droit que Lénine put déclarer à cette époque : »A présent, le prolétariat du monde entier tourne ses regards avec me fiévreuse impatience vers la Russie. . . «* Le déclenchement de la révolution, son immense élan et ses profondes répercussions internationales imposèrent au parti révolutionnaire du prolétariat russe la tâche de mettre au point une tactique nouvelle, appelée à guider la révolution en plein épanouissement. Cette tâche fut accomplie par le P. O. S. D. R. sous la direction de Lénine, grâce aux géniales directives théoriques et pratiques de celui-ci. Il élabora la tactique que la socialdémocratie révolutionnaire avait à mettre en oeuvre dans la période de la révolution bourgeoise-démocratique. Voici en quoi consistait cette tactique : le prolétariat devait s'assurer l'hégémonie dans la direction de la révolution et devait conclure une alliance non avec la bourgeoisie libérale, indécise et pactisant avec la contre-révolution, mais avec la paysannerie révolutionnaire. Ce fut également Lénine qui élabora la théorie de la possibilité objective du passage de la révolution bourgeoise-démocratique à la révolution socialiste. Armé de cette nouvelle théorie révolutionnaire, le parti du prolétariat russe lança son mot d'ordre réclamant que l'essor révolutionnaire fût amplifié à tel point qu'il se traduisît d'abord par des grèves politiques massives, pour aboutir ensuite au soulèvement armé. La marche de la révolution russe justifia pleinement la tactique des bolchéviks. En été 1905, la lutte devint de plus en plus âpre : de larges masses de la classe ouvrière et de la paysannerie se rallièrent à la révolution, des insurrections éclatèrent dans l'armée et môme dans la marine de guerre. Au cours de l'automne, l'on assista à des grèves politiques massives d'une ampleur extraordinaire, puis, en décembre, la révolution atteignit son apogée : c'est à ce moment-là qu'éclata le soulèvement armé de Moscou, qui, lui, visait directement à la conquête du pouvoir. C'est dans cette lutte que naquirent les Soviets des députés ouvriers, forme nouvelle des organisations de la lutte de masse. Après avoir terrassé le soulèvement de Moscou, le tsarisme contre-révolutionnaire recourut à des actes de cruatué sanglants pour refouler progressivement le mouvement révolutionnaire des ouvriers et paysans. Les impérialistes étrangers furent de ceux qui prêtèrent une assistance décisive à la répression. A ce moment-là, le tsarisme n'était plus le pilier principal de la réaction internationale : bien au contraire, ce fut l'Europe réactionnaire et impérialiste qui sauva le tsarisme de la révolution. Simultanément, la marche * Oeuvres de Lénine, tome VIII, p. 80. (Edition en langue russe, Moscou 1947.)