Századok – 1950

Resumée 474

BESUMÉE 48» le mouvement des jacobins hongrois. — Les jacobins hongrois créèrent deux organi­sations: la Société des Réformateurs qui aurait eu pour tâche de grouper autour d'elle la noblesse moyenne, et la Société de l'Égalité et de la Liberté qui aurait dû être l'organisation des démocrates radicaux. Chacune de ces organisations avait son programme spécial. Les jacobins hongrois se proposèrent de gagner la noblesse moyenne pour une insurrection nationale contre les Habsbourg, puis de se tourner contre elle en appelant les paysans à la ,,révolte" et de créer avec leur aide la république bour­geoise. Ainsi ils furent les premiers à vouloir lier la lutte pour l'indépendance nationale au combat mené pour la transformation bourgeoise du pays. De plus, ils reconnurent que sans l'appui de la paysannerie aucun mouvement progressiste ne peut réussir. Les mouvements de la bourgeoisie hongroise de l'époque suivante n'ont jamais atteint ce degré de radicalisme et ils n'ont jamais eu une attitude si courageuse Cependant le mouvement jacobin ne s'appuya que sur les intellectuels démocrates et ne put se créer une base sociale plus large. La bourgeoisie hongroise était encore trop faible, la noblesse moyenne s'est rallié aux Habsbourg et l'alliance avec la paysannerie ne pouvait pas être conclue. Isolé de toutes les classes sociales, leur mouvement fut facilement écrasé par les Habsbourg. En juin 1794, la conspiration fut découverte, ses chefs furent exécutés et ses participants condamnés à de longues peines de prison. JULES MÉKEI: Données relatives à l'histoire du développement capitaliste de l'ngr­eulture hongroise. (Survivances féodales dans l'organisation du travail agricole) Les lois de 1848 relatives à la libération des ssrfs ne liquidèrent pas entièrement le système féodal. Elles maintinrent la grande propriété avec de nombreuses survivances féoda es et sanctionnèrent les vols de terres commis avant 1848. La tâche principale est restée la même: mener la lutte pour l'achèvement de la transformation bourgeoise du pays, c'est-à-dire pour le partage des grandes piopriétés et pour la liquidation des survivances féodales. Cette lutte était étroitement liée à celle que le peuple hongrois devait mener pour la libération nationale contre l'oppres­sion des Habsbourg, et, p us tard, après 1935, contre l'oppression fasciste. A cause des survivances féodales, la lutte des classes à la campagne revêtit un double caractère. Jusqu'en 1945, le conflit fondamental était celui qui a opposé la paysannerie tout entière à la classe des propriétaires terriens. Après 1945, c'est le conflit entre les ouvriers agricoles et la paysannerie pauvre, d'une part, et entre tous les exploiteurs du' village, de l'autre part, qui devient la question fondamentale de la lutte des classes à la campagne. Après 1848, la lutte de la classe paysanne avait pour but le partage des terres et la liquidation des survivances féodales. Les mouvements, on peut dire, ininterrompus de la paysannerie, qui ont suivi la guerre d'indépendance, sont autant de témoignages de la volonté de libération des paysans. Ces mouvements ont un caractère nettement progressif, car i's ont lié la lutte pour la libération totale des serfs au combat pour l'indépendance nationale. C'est avant tout sous la pression de ces mouvements continus et, aussi dans l'intérêt du développement capitaliste, que le gouvernement fut contraint de publier la lettre patente de 1852, réaffirmant l'abolition de l'ancien statut juridique des biens partimoniaux, et la lettre patente du 2 mars 1853 sur les charges féodales. Cette dernière n'a pas comblé les lacunes des lois de 1848, mais en ordonnant le réalotissement obligatoire des terres et la délimitation des pâturages, etc., elle a rendu possible de nouveaux vols de terre, c'est-à-dire la continuation de l'accumulation primitive des capitaux dans des conditions capitalistes. Dans ces conditions, le développement capitaliste de l'agriculture hongroise devait suivre „le chemin prussien". Cela a eu comme résultat la ruine rapide de la paysannerie hongroise. Les causes de cette ruine étaient les suivantes: 1. manque de terres et dif­ficulté de s'en procurer; 2. continuation des vols de terres; 3. certaines charges féodales dont la question ne fut pas réglée en 1848; 4. position colonia'e du pays qui, directement par les impôts et taxes, indirectement par le rétrécissement du marché intérieur, a empêché le développement à rythme normal de l'agriculture hongroise dans la voie du capita isme. Les masses ruinées, ne pouvant pas changer leur situation par la colonisation, par l'émigration ou par le travail salarié, industriel et autre, étaient contraintes de supporter de nouvel es charges féodales dans le cadre du système des paiements en travail. Les grands propriétaires, manquant de capitaux à cause de la position coloniale de lai

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