Századok – 1950
Resumée 474
488 RKSUMÉE Vers le milieu du XVIe siècle, les haïdoukus, tout en gardant leurs troupeauk, s'imposent connue de braves et tenaces soldats et son mentionnés en compagnie de ceux qu'en appelle maraudeurs et brigands, Morlaques et Uskoques dans les parties nord-ouest des Balkans. La formation de cette couche de pâtres-haïdouks a suivi de près le développement puissant de l'élevage et de l'exportation des bovins hongrois dans la deuxième moitié du XVe siècle. Ce déve oppement s'explique d'un côté par l'augmentation de la demande des marchés de consommation occidental-vénitien, tchèque-moravc et surtout de celui de l'Allemagne du Sud, de l'autre côté, par la formation des villes agraires de grande étendue dans la Plaine hongroise. Les bovins exportés en grandes masses furent élevés avant tout sur les immenses pâturages des villes agraires et dans les villages de la Plaine. Le développement de l'é evage du bétail amena nécessairement l'augmentation de la couche des pâtres. Ces pâtres gardaient les troupeaux et menaient les animaux à l'étranger. La couche des pâtres, dont le nombre augmentait très rapidement, recrutait ses nouveaux membres 'parmi les paysans des villages. A cette époque, ces paysans avaient des raisons spéciales pour chercher refuge dans la vie des pâtres. Vers la fin du XVe siècle, le nombre des serfs, dépouillés de leurs terres où restés dans la possession d'une petite pai celle, s'est accru considérablement. Ce sont donc les paysans pauvres et expropriés des vil'ages et surtout leurs fils qu» ont fourni les nouveaux éléments à la couche des pâtres. Cependant la situation matérielle de cette couche pauvre des pâtres devenait de plus en plus incertaine à! la suite des interdictions et des restrictions qui frappaient l'exportation des bovins surtout après 1490. Ainsi, quand en 1514 éclata, sous la conduite de Djâzsa, la grande guerre antiféodale de la paysannenie hongroise, les haïdouks furent les premiers à rejoindre les troupes de Dózsa. La masse des haidouks, qui fut pour ainsi dire rejetée par la société, représenta l'élément révo'utionnaire le plus intransigeant de la guerre paysanne et constitua le noyau militaire du mouvement. ETIENNE KATŐ : Les problèmes du mouvement jacobin hongrois La Révolution française de 1789 provoqua de vastes mouvements de classes en Hongrie Les intellectuels hongrois démasquèrent dans leurs pamphlets spirituels la politique de la réaction cléricale et de la noblesse féodale; leurs meilleurs répresentants adoptèrent le matérialisme, mais ils commirent l'erreur d'attendre de l'absolutisme éclairé des Habsbourg la transformation bourgeoise du pays et de se montrer indifférents à Г égard du problème de l'indépendance nationale. C'est la noblesse moyenne qui mena la lutte contre l'oppression nationale des Habsbourg, mais elle s'opposa aux revendications antiféodales de la paysannerie, de la bourgeoisie et des intellectuels. C'est grâce à l'appui temporaire des démocrates et des nationalités que Leopold II. réussit à étouffer le mouvement de la noblesse moyenne qui était prête à s'armer. Un compromis fut conclu entre la noblesse moyenne intimidée et effrayée par les progrès de la Révolution française et entre les Habsbourg. L'empereur François liquida les derniers restes du joséphinisme et déclencha la guerre contre la France révolutionnaire. Alors les intellectuels hongrois se détournèrent des Habsbourg et luttèrent contre la guerre d'intervention par tous les moyens de la propagande et par l'aide matérielle accordée aux prisonniers français. Au début de 1794, ils organisèrent sous la conduite d'Ignace Martinovics une conspiration contre les Habsbourg qui se fixa comme but la création d'une république fédérative indépendante. L'élite des intellectuels hongrois, les poètes Bacsányi, Verseghy, Szentjóbi-Szabó, l'écrivain Kazinczy etc. furent vite gagnés à cette cause. Les représentants les plus remarquables du mouvement furent: le jeune Szentmarjay qui recruta le plus grand nombre d'adhérents, Hajnóczy qui déploya une vaste activité idéologique et l'aul öz qui fut exécuté, car même devant le devant le tribunal il défendit les idées républicaines. — L'initiateur du mouvement, I'élaborateur de son programme fut Ignace Martinovics, le plus grand savant et philosophie hongrois de cette époque. Avant le rayonnement des idées du socialisme scientifique, ce fut Martinovics qui donna l'exposé le plus vaste du matérialisme philosofique en Hongrie. Au début, réformiste bourgeois modéré, il mit tout son espoir dans le joséphinisme. Lors que Léopold se montra prêt à appuyer les mouvements déclenchés contre la noblesse hongroise, il entra au service de la police secrète et ce n'est qu'en 1793 — après beaucoup d'hésitations — qu'il rompit ses relations avec elle. Inspirés de la haine envers tout ce qui est républicain ou matérialiste, les historiens réactionnaires ont avant tout mis en relief les erreurs commises par Martinovics pour pouvoir discréditer