Századok – 1950
Resumée 474
486 RESUMEE LOUIS ELEKES: L'armée de Hunyadi Jean Hunyadi est le héros commun à tous les peuples danubiens. Ses campagnes ouvrirent, au milieu du XVe ciècle, une nouvelle période glorieuse dans l'histoire des luttes montées par les peuples danubiens pour leur indépendance menacée par la grande puissance turque. Au cours de l'époque précédente, les Hongrois et leurs alliés avaient subi de défaites graves et des pertes territoriales de plus en grandes. Hunyadi remporta de nombreuses victoires qui lui valurent l'admration de ses contemperains, arrêtèrent, de plus repoussèrent l'avance de l'ennemi et renforcèrent la foi et l'esprit de combat des peuples opprimés. Les guerres de Hunyadi étaient des guerres justes, c'est ce qui lui assura l'appui enthousiaste et actif des peuples opprimés ou menacés dans leur indépendance. C'esit à cet appui qu'il devait ses plus grandes victoires: celles remportées au cours de la campagne dite „longue" de 1443/44, quand il fut aidé par les „croisés", et celle obtenue lors de la défense de Belgrade en 1456 où la majorité de son armée fut composée de paysans. Une autre source des succès de Hunyadi fut la réforme introduite dans l'organisation de l'armée. Bien qu'il ne pût entièrement renoncer aux éléments féodaux de l'armée, toutefois il cherchait à s'appuyer avant tout sur les mercenaires. Il consacra les revenus de ses propriétés .et pendant sa régence une grande partie des revenus de l'Etat) au recrutement des soldats mercenaires. Ces nouveaux éléments de l'armée furent soustraits au contrôle des grands féodaux. En lutte incessante contre les grands féodaux, désireux de garder leur pouvoir, Hunyadi créa le noyau d'une armée dépendant uniquement du pouvoir central et capable de réaliser les tâches qu'avaient imposées la centralisation de l'Etat. Parallèlement avec ces réformes d'organisation, Hunyadi introduisit de nouvelles armes: ainsi à côté de la cavalerie lourde commença à se développer la cavalerie légère, arme importante dans les combats contre les Turcs, l'infanterie, cette arme décisive des guerres modernes, et l'ancêtre de l'artillerie de campagne fit également son apparition. Le développement de ces nouvelles armes entraîna avec lui la mise au point d'une nouvelle tactique. Rompant avec l'art de guerre désuet de la chevalerie, Hunyadi s'engagea dans la voie de la tactique moderne basée sur la collaboration des différentes armes. Il tira des enseignements lointains de la tactique employée par les Hussites et réussit à s'adapter aux conditions des guerres turques. C'est ce qui rendit capable son armée de résister même à l'ennemi numériquement supérieur. Les principes de son art militaire: sa tendance à dégager ses alliés, à empêcher les destructions des Turcs, à prévenir leurs attaques, à exécuter des mouvements rapides au cours de la bataille, à surprendre l'ennemi et à anéantir ses forces principales afin d'inspirer la terreur à ses troupes secondaires, — tous ces principes témoignent d'une profonde compréhension des conditions des guerres turques et assurent à Hunyadi une place distinguée dans la galerie des plus grands chefs militaires du monde. TIBOIl KARDOS : Les mouvements lmssites et le rôle «le Mathias Hunyadi dans la formation de l'Eglise nationale en Hongrie Réfutant les falsifications de l'historiographie bourgeoise qui a essayé de passer sous silence ou de présenter d'une façon fragmentaire, sans aucun lien entre elles, les différentes tentatives faites en vue de la fondation d'une Eglise nationale hongroise, et qui a, en même temps, inventé le principe de la soi-disante „évulution spéciale", l'auteur de la présente étude démontre que les tentatives de fonder une Eglise nationale remontent non pas à l'édit de Sigismond de Luxembourg de 1404, mais au milieu du XIIIe siècle, à l'époque de Béla IV. Dans la deuxième moitié de ce siècle, sous Ladisias IV, une lutte d'une véhémence sans précédent éclata entre le roi et la bourgeoisie commerciale des villes les mieux développées, d'une part, et entre l'Eglise, de l'autre part. D'ailleurs, l'auteur précise que même les tentatives de Sigismond remontent à la période de la diète de Temesvár de 1397. Ensuite, l'auteur fait connaître un document du concile de Costance dont l'existence avait été niée pendant longtemps par l'historiographie bourgeoise de Hongrie, mais qui fut retrouvé en 1943. Dans ce document, le concile reconnut les droits spéciaux de l'Eglise nationale de Hongrie et établit un rapport étroit entre le problème de la reconnaissance de ces droits et entre celui des fuerres turques. C'est à ce document que remonte d'ailleurs la célèbre locution que historiographie bourgeoise datait de trente années plus tard; „La Hongrie est le