Századok – 1948
Klima; J. Arnošt: Počatky českého dělnického hnuti; Rok 1848 v. Čechách (Ism.: Kovács Endre) 382
RESTJMÉE 415 le rôle de classe dirigeante dans la lulte pour la transformation bourgeoise, sur le territoire slovaque — à défaut d'une noblesse nationale — ce sont les couches en état de transition vers la bourgeoisie (instituteurs, clergé, artisans, fermiers, cultivateurs aisés, etc), dirigées par l'élite intellectuelle, qui déclenchent le mouvement slovaque pour la liquidation de la féodalité. Le mouvement national slovaque, à la tête duquel se trouvaient les intellectuels bourgeois, s'est manifesté d'abord dans le domaine littéraire, les problèmes politiques n'arrivant à figurer sur le premier plan que dans les années qui précèdent immédiatement la révolution de 1848. A cette époque fut créé un mouvement national slovaque qui se fixa comme but la libération des Slovaques de l'oppression de classe de la féodalité hongroise. Dans cette phase de l'évolution, deux tendances se cristallisent au sein du mouvement slovaque: d'une part, la tendance des conservateurs, dirigée par Kollár et, de l'autre part, la tendance nationaliste bourgeoise, conduite par le triumvirat Stur—HodZa—Húrban. Au seuil de l'année 1848, la tendance nationaliste, qui cherche l'alliance de la paysannerie, l'emporte sur l'autre. Cependant les dirigeants du mouvement slovaque ne désirent pas mobiliser les Slovaques contre l'ennemi principat, c'est-à dire conlre l'absolutisme colonisateur des Habsbourg, au contraire, ils les tournent contre l'oppresseur immédiat, la noblesse terrienne hongroise. Bien que Stur et ses compagnons de lutte n'aient pu subordonner leur lutte nationale à la cause de l'évolution universelle, le caractère antiféodal de leur mouvement a donné un nouvel essor à l'évolution slovaque et il a contribué à la liquidation des conditions économiques, sociales et politiques de la féodalité. A. Arató Pour le centenaire du Congrès slave de Prague. Un des événements importants de l'année révolutionnaire de 1848, fut !e Congrès slave de Prague, où tous les peuples slaves de l'empire des Habsbourg se firent représenter. L'auteur, avant d'exposer l'importance historique de ce Congrès, s'occupe de l'évolution des mouvements nationaux slaves et de leurs appréciations envi ses jusqu'à présent. Il constate que la crise générale de la féodalité lit égale ment sentir son influence décisive sur la vie des peuples slaves et que le» conditions préalables de l'évolution bourgeoise ne tardèrent pas non plus à se créer sur les territoires habités par les peuples slaves. L'auteur démolit à ce propos une théorie fortement enracinée dans l'historiographie bourgeoise attribuant l'éveil national, précurseur des mouvements nationaux slaves, exclusivement à des effets extérieurs, dus aux impulsions venues de Schlözer et de Herder. Il démontre que dans la vie des peuples slaves, l'évolution nationale, inséparable de la décomposition du régime féodal et des débuts du capitalisme, s'opère, dans son ensemble, de la même façon que chez les peuples nonslaves. Le fait que les mouvements nationaux slaves ont, pourtant, perdu leur caractère progresif et anti-féodal initial, ne doit pas, être porté uniquement du compte des Slaves. Le Congrès slave de Prague à été précisément la dernière tentative de coordonner les mouvements nationaux slaves et les mouvements révolutionnaires européens. En effet, l'aile gauche révolutionnaire et démocratique du Congrès poursuivit ce but et déploya, partou où elle put, son activilé dans ce même sens. Le fait, que cette aile gauche révolutionnaire joua le rôle principal dans la direction des événements de la révolution de Prague, qui se déroulait pendant la session du Congrès, ne fut pas l'effet du hasard. Cependant, le Congrès de Prague à révélé que les mouvements nationaux slaves étaient devenus, en majeure partie, les satellites de la réaction européenne. Ce fait était dû au ton pangermaniste et anti-slave du parlement de Francfort (dont le Congrès de Prague était une réplique) et aussi aux antagonismes tchéco-allemands et hungaro-slaves, c'est-à-dire, il était la consé-