Drăgan, Ioan (szerk.): Mediaevalia Transilvanica 2001-2002 (5-6. évfolyam, 1-2. szám)
Etnie şi confesiune
78 Marie Lionnet cependant invérifiable en 1’absence de tout document concernant la vie liturgique dans l’église de Sântămărie Orlea, du moins cette image servait eile trés vraisemblablement de support â l’expression de la piété des fidéles. L’universalité évoquée dans les deux cortéges se dirigeant vers la Croix, de la mérne maniere que celle des deux groupes d’hommes venant adorer l’Enfant de l’autre cőté de l’édifice, rappelle 1’universalité du Salut apporté par la Crucifixion et invite chaque fidele â prendre sa place dans la longue file de ceux qui ont reconnu la Croix. Et reconnaissant la Croix, dans un acte de piété individuelle ou s’associant â une manifestation communautaire, ils reconnaissent aussi le Christ dans l’accomplissement de sa destinde humaine. La figure de la Vierge domine largement dans cet ensemble, mais la place réservée â la Croix, â proximité immédiate du choeur, suggére aussi l’existence d’un culte particulier dans cette église. Le culte de la Croix s’est répandu en Hongrie des les débuts de la christianisation du royaume, lorsque, en 1018, l’empereur byzantin a offert au roi Etienne Ier des reliques de la Vraie Croix. Plusieurs églises paroissiales possédaient une relique de la Croix au Moyen Age (Rábakeresztúr, Bakony bél)39, et, au cours du 13e siede, Ies guerres contre les serbes ont également pu étre un vecteur de transmission des reliques. D’autre part, indiquons que le rattachement â l’Eglise latine opéré par saint Etienne a permis â nouveau l’utilisation de la voie terrestre pour les pélerins et croisés se rendant â Jérusalem, route moins dangereuse que la voie maritime; plusieurs croisades ont d’ailleurs traversé le royaume de Hongrie40, niouvements de population qui ont été autant d’occasions de contacts et d’échanges. L’église de Sântămărie Orlea, située au sud-est de la Transylvanie, non loin de la frontiere avec la Valachie et la Serbie, a pu, sans forcément y prendre part, étre influencée par ces mouvements. Plusieurs hypotheses pourraient expliquer l’importance accordée â la scene de la Découverte de la Vraie Croix â Sântămărie Orlea, sans que, en 1’absence de documents, nous puissions vérifíer la validité d’aucune. La premiére, et la plus vraisemblable, conceme l’histoire de l’église elle-méme: si l’hypothése d’une dédicace antérieure de Pédifice â la Croix paraít peu probable, la représentation de sainte Héléne pourrait conserver le souvenir de la présence d’une relique de la Vraie Croix dans Pédifice. Avec les mouvements des croisades, une relique aurait ainsi pu étre directement rapportée par Pun des colons, ou bien étre transmise par plusieurs intermédiaires successifs, relique qui aurait nourri un culte particulier dans cet édifice et qui justifierait la place d’honneur réservée â la Découverte de la Vraie Croix puisque, rappelons-le, la représentation interrompt le cycle des Ecritures. Une autre hypothése se rapporte au commanditaire de l’ensemble des fresques, 39 La plus importante est une croix reliquaire rapportée par Michel Dobóczy Csák en 1278. A. Mező, A templomcím a magyar helységnevekben (11-15. század) (Les noms d’église dans la toponymie hongroise (1 le-15e siécles)). Bp., 1996, p. 119. 40 Barna G., Távolsági zarándoklatok és búcsújáró helyek az Árpád-kori Magyarországon (Pélerinages lointains et lieux de pélerinages dans la Hongrie de Pépoque arpadienne), in Ethnographia, CVI1 (1996), p. 65-71.