Drăgan, Ioan (szerk.): Mediaevalia Transilvanica 2001-2002 (5-6. évfolyam, 1-2. szám)

Etnie şi confesiune

76 Marie Liormet Evocation de la Croix qui s’ajoute à la représentation de la Crucifixion qui surmonte l’ouverture .de l’arc triomphal, la mise en scène de l’épisode de la découverte de la Vraie Croix est particulièrement développée. Elle rassemble un grand nombre de participants: sur la gauche, sainte Hélène est accompagnée d’une suite de femmes et d’une véritable armée de soldats et, symétriquement sur la droite mais avec une importance moindre, plusieurs Juifs, reconnaissables à leur chapeau pointu, et moines sortent de Jérusalem à la suite d’un saint personnage. Il ne s’agit ici ni de Constantin, ni de l’évêque Macaire32, puisque, en dépit de l’indication de sa sainteté, le personnage porte un simple vêtement de moine, similaire à celui de ceux qui le suivent. L’une des versions de la légende de l’Invention de la Croix attribue le privilège de la découverte à Judas-Cyriaque, l’un des savants juifs mandés par sainte Hélène; après avoir reconnu le Salut apporté par le Christ, Judas s’active lui-même à déterrer la Croix33. C’est à ce même Judas que K.A. Wiegel propose d’identifier ce saint, et il inclut par ailleurs la scène de Sântămărie Orlea parmi les représentants du troisième type d’images de sa classification, c’est-à-dire celles qui s’inspirent du type byzantin symétrique de la Croix soutenue par Hélène et Constantin34. Sous le signe de la main bénissant de Dieu qui apparaît au niveau de la bordure supérieure de l’image en direction de sainte Hélène, les deux protagonistes soutiennent la Croix en cours de déterrement35. Plus que l’identification précise de Judas, c’est sa présence en tant que représentant des Juifs qui importe dans cette scène. Les deux groupes en présence, illustrations des pouvoirs laïque et ecclésiastique, se distinguent par leur mode de représentation: les richesses abondantes et la représentation très détaillée des vêtements des personnages accompagnant l’impératrice contrastent avec la vêturè austère des personnages de droite qui, isolés par une sorte de sphère rougeâtre sur laquelle ils se détachent, sont contraints dans l’espace séparant la Croix de l’entrée de la ville. Dans cette mise en scène de la Découverte de la Vraie Croix, et malgré la surface plus importante réservée au déploiement de la suite de sainte Hélène, le rôle principal revient en réalité à Judas qui lui fait face36, à travers 32 C’est d’ailleurs ainsi qu’il a toujours été identifié par les historiens de l’art qui ont étudié les peintures de cette église. 33 Les différentes variantes de la légende ont été analysées par J. W. Drijvers, Helena Augusta. The Mother of Constantine the Great and the Legend of her Finding of the True Cross, Leiden. 1992. Voir aussi le récit de Jacques de Voragine: L'Invention de la Sainte Croix, in La Légende dorée, trad, fr., J.-B. M. Roze, Paris, 1967, p. 341-350. 34 Die Darstellung der Kreuzauffindung bis zu Piero della Francesca, PhD., Cologne, 1973, p. 155 ss., et p. 240-243 pour Sântămărie Orlea Cependant, l’auteur associe l’image de Sântămărie Orlea avec des représentations qu’ils caractérisent comme centre-européen, tout en suggérant qu’elle pourrait témoigner d’évolutions iconographiques proches dans les régions plus orientales. Kn raison des orientations stylistiques et iconographiques signalées plus haut, les liens iconographiques de la Découverte de la Vraie Croix de Sântămărie Orlea avec des images plus occidentales paraissent assez peu probables. 35 Au fond du trou creusé autour de l’axe vertical de la Croix, un homme en dégage la base, tandis qu’un deuxième, debout sur le bord du talus, l’extirpe vers l’extérieur. 36 Des épisodes peu nombreux, empruntés tant à l’art occidental qu’à l’art byzantin incluent l’évêque dans le moment de la Découverte, mais il paraît généralement comme une figure secondaire, dans la

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