Sonderband 2. International Council on Archives. Dritte Europäische Archivkonferenz, Wien 11. bis 15. Mai 1993. Tagungsprotokolle (1996)
4. Session / Séance. Strategies for Links with Historical Research / Stratégies de Communication envers la Recherche historique - Nebiker, Regula: Towards a New History of Europe (pre-integration period). The Archival Point of View / Pour une nouvelle Histoire européenne (avant l’intégration) (english 373 - français 382)
REGULA NEBIKER Pour une nouvelle histoire européenne (avant l’intégration) Ce titre permet une certaine marge d’interprétation. Il s’agit de définir, tout d’abord, ce que l’on entend par „nouvelle histoire européenne“. La première connotation de la „nouvelle histoire“ qui vient à l’esprit, dans sa version française surtout, est naturellement celle - qui n’est plus tellement nouvelle - représentée par l’Ecole des Annales. Mais on peut aussi parler de „nouvelle histoire“ dans un sens très général, en se référant à la multitude des interrogations ou des perspectives inédites, aux sources reprises et étudiées sous un angle nouveau, à l’histoire qui s’écrit ou qui devrait s’écrire aujourd’hui. Dans mon exposé, je donne à l’expression „nouvelle histoire“ l’acception la plus large possible, qui englobe les nombreuses questions nouvelles qui pourraient être posées aujourd’hui par la recherche historique. Au demeurant, je me référerai surtout à l’histoire récente, à celle des XIXe et XXe siècles. Je tiens aussi à accorder toute sa valeur au mot „pour“ dans le titre: je voudrais dire ce que nous pourrions faire, nous autres archivistes, pour une nouvelle historiographie européenne. L’historien allemand Wolfgang J. Mommsen a prononcé une allocution, lors de la 62e Journée des archives allemandes en 1991, sur le thème „Se souvenir en histoire. Transmission des sources historiques et recherche historique“1. Voici comment il a défini les interrogations de la nouvelle recherche historique: Il n’aura échappé à personne qu’au cours de ces dernières décennies, le champ d’analyse historique s’est étendu sur tout l’éventail de la société, l’action de l’Etat n’étant plus l’objet exclusif de l’investigation. Nombre de disciplines partielles de la recherche historique récente s’intéressent non plus directement et dans la même mesure à l’action de l’Etat, mais aux structures profondes, au vécu quotidien de la réalité historique, qui est fort peu, ou indirectement, touché par l’événement politique du moment1 2. L’„histoire européenne“ en soi n’est pas un sujet d’étude nouveau. La dimension européenne de l’histoire a été examinée et exposée de tout temps, surtout sur le plan politique, notamment dans les oeuvres historiques fouillées du siècle dernier. Une histoire européenne nouvelle doit placer les nouvelles interrogations dans le cadre de l’Europe tout entière, avec des analyses qui transcendent les frontières politiques. Les plans géographiques, nationaux, sociaux et économiques sont présentés dans les rapports réciproques qu’ils ont entre eux. Plus les structures des champs d’investigation à comparer sont hétérogènes, plus les rapports et les comparaisons horizontales sont difficiles à établir. 1 Der Archivar 45/1 ( 1992), col. 19-28. 2 Ibidem, col. 26. 382