Sonderband 2. International Council on Archives. Dritte Europäische Archivkonferenz, Wien 11. bis 15. Mai 1993. Tagungsprotokolle (1996)
3. Session / Séance. Sharing of Experience and Exchange of Staff / Partage d’Expériences et Echange des Personnes - Oldenhage, Klaus: Scope and Aims of Mobility. A German View / Portée et buts de la mobilité. Un point de vue allemand (english 279 - français 285)
3. Session/Séance: Oldenhage, Portée et buts de la mobilité. Un point de vue allmand tives sur les systèmes archivistiques et juridiques des deux pays. Les archivistes allemands ont eu la chance d’introduire les principes américains de liberté d’information (freedom of information) et respect de la vie privée (privacy) dans leur première législation archivistique nationale, commencée à la fin des années 1970. La phrase la plus émouvente que j’aie entendue au cours de ma vie professionnelle a été prononcé par notre collègue américain Robert Wolfe en 1978, visant à concilier le droit du public à la connaissance et le droit au respect de la vie privée: „C’est une question digne de discussion, de savoir si ceux qui ont perdu une guerre ont aussi perdu leur droit à la vie privée.“ J’ajoute avec plaisir que l’étude des législations sur la presse en Suède et Norvège, des discussions avec des collègues canadiens et néerlandais, l’examen de la loi archivistique française de 1979, m’ont permis de discuter avec les adversaires d’une législation archivistique nationale en Allemagne - les juristes conservateurs - et de les convaincre; mais ma philosophie juridique sur les archives et ma force de conviction ont été essentiellement forgées pendant mon séjour aux Archives des Etat- Unis. J’ai aussi profité de l’expérience remarquable partagée avec des archivistes danois, néerlandais, irlandais et britanniques lorsque nous avons tenté de promouvoir dans les discussions d’experts une politique liberale à l’accès aux archives de la CEE et de l’UEO (BTO) à Bruxelles et à Londres. Nous n’avons pas réussi sur tous les points, mais je peux dire que, par exemple, l’adoption de la règle des 30 ans pour les archives de la CEE a constitué un remarquable progrès, au moins par comparaison avec celles d’autres organisations internationales ou supranationales. 7. Echecs D’un point de vue allemand, il y a eu beaucoup d’échecs. Pour ce qui est de la conservation materielle des archives, il n’y a pas de barrière linguistique, mais malgré cela nous n’avons pas réussi à développer la coopération internationale, pourtant bien nécessaire dans ce domaine, au moins en ce qui concerne les archives-papier; les exceptions régionales (en particulier en Bade-Wurtemberg et Basse-Saxe) ne prouvent pas le contraire. La standardisation (normalisation) est un mot anglais pour lequel je ne connais pas d’équivalent allemand. Pouvons-nous réellement nous passer de normalisation pour la description archivistique - sans même parler de tri - à l’intérieur de l’Allemagne? J’en doute; et je pourrais citer d’autres exemples. L’Europe nous obligera à nous améliorer, sinon nos successeurs devront payer un prix qui sera peut-être trop élevé. D’un point de vue allemand, nous n’utilisons pas de façon satisfaisante les services que peut rendre le Conseil international des Archives. Il n’est pas question, évidemment, de diriger depuis les bureaux parisiens du CIA toutes les activités archivistiques internationales, multilatérales ou bilatérales, mais il faut absolument tenir le secrétariat du CIA informe de toutes les activités professionnelles qui intéressent les archives de plus d’un pays, de façon à éviter les doubles emplois et le gaspillage de temps, d’énergie et d’argent. Le CIA fait tous ses efforts pour ne pas atteindre seulement les directions nationales d’archives et les experts hautement spécialisés. 289