Sonderband 2. International Council on Archives. Dritte Europäische Archivkonferenz, Wien 11. bis 15. Mai 1993. Tagungsprotokolle (1996)

3. Session / Séance. Sharing of Experience and Exchange of Staff / Partage d’Expériences et Echange des Personnes - Huyda, Richard: Coordination Research in Archival Sience and Dissemination of Professional Information / Coordination de la recherche en archivistique et diffusion de l’information professionnelle (english 231 - français 251)

3. Session/Séance: Marcoux - Huyda, Coordination de la recherche en archivistique Dans cette même veine, rappelons que notre individualisme nous empêche sou­vent de voir la nécessité d’adopter une démarche planifiée et concertée. Dans un tel contexte, la diffusion de l’information professionnelle prend souvent la forme d’un mouvement brownien. On cherche, on trouve, on publie parfois (et même souvent pour certains), mais les mécanismes formels de centralisation et d’échange de l’information demeurent embryonnaires et peu soutenus. De telle sorte que, comme le déplorait Jean Fourastié à propos de l’information scientifique: Cette faiblesse de nos connaissances en matière de méthode évoque les problèmes de documentation. Nous ne savons guère comment travaillent les grands esprits et nous pouvons mal confronter et juger leurs méthodes. Mais plus généralement, l’abondance croissante des découvertes et des ,nouvelles4 d’intérêt scientifi­que rend de plus en plus difficile l’information du savant. C’est un problème parent de celui de l’ignorance banale; mais ici, c’est bien d’ignorance savante qu’il s’agit, puisque les spécialistes eux- mêmes en sont victimes. On en est au point où des pléiades de chercheurs cherchent des résultats qui sont déjà trouvés et publiés. De sorte que ce qui est en question, c’est dedéterminer à partir de quand une découverte est vraiment intégrée dans la science. La frontière, qui en principe est fort nette, entre la science formée et l’ignorance, s’estompe ainsi24. Enfin, mentionnons également les limites à l’intégration européenne des institu­tions d’archives mentionnées par Michel Duchein25, qui peuvent être vues comme autant de facteurs s’opposant à une éventuelle diffusion extensive de l’information professionnelle: les barrières linguistiques, la diversité des traditions historiques et culturelles et les divergences sur le plan de la formation et du statu professionnel des archivistes. Pour ce qui est des facteurs incitatifs, favorisant un accroissement de la diffusion de l’information professionnelle, nous avons déjà signalés certains impératifs socio­économiques et responsabilités professionnelles. Ajoutons, pour compléter cette énumération des forces centripèdes et centrifuges avantageant ou contrecarrant une diffusion plus étendue de l’information profession­nelle, qu’un certain effort d’harmonisation des pratiques archivistiques, constaté depuis quelques années, ne peut qu’encourager un développement parallèle des échanges sur le plan des connaissances et des acquis de la recherche. On en voudra pour preuve l’intérêt communément partagé par les institutions nationales d’archives du monde occidental pourtoutes les questions touchant l’évolution et la description des documents d’archives, leur conservation physique, l’impact des nouvelles technologies sur la théorie et les pratiques archivistiques et l’évolution de notre profession26. Qui dit communauté d’intérêts dit par le fait même une conscience plus nette des bienfaits du partage des expériences et des connaissances, une motivation plus marquée pour la communication, une vision plus nette de notre interdépendance socio-professionnelle, et une volonté plus prompte à y accorder les ressources néces­saires. 24 Fourastié, Jean: Les conditions de l’esprit scientifique. Paris 1966, p. 55-56. 25 Duchein, Michel: The History of European archives and the development of the archival profession in Europe, dans: The American Archivist 55 (1992) n° 1, p. 24. 26 Ibidem, p. 23. 260

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