Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)
György Lengyel: Deux crétations de la Tragédie de l'homme
Avec ma mise en scène de 1981, je me suis proposé de faire une tentative de synthèse de ces deux univers formels et spirituels dans ma manière d’expression. Pour ce qui est du résultat, je ne puis que citer l’une des critiques: „...Les différentes couches de conception se comprimaient et, souvent, se neutralisaient.” C’est dans cette conception, chargée de desseins disparates, que je crois déceler les contradictions fondamentales de la première version de ma mise en scène. L’autre problème était posé par les difficultés, déjà mentionnées, du style de jeu et les autres difficultés que j’avais rencontrées en voulant trouver les gestes et les démarches qui devaient convenir au renouvellement du contenu spirituel par le ton de la représentation. Ces dernières devaient produire le plus grave conflit de la création. Toujours est-il que la première de janvier 1981 présentait un mélange d’efforts réussis et incertains et reflétait les problèmes, déjà cités, du style de jeu. C’est sur ce point que je voudrais indiquer quelques faits où j’avais réussi à traduire, une première fois, mes idées que voici: Le conflit personnifié du Seigneur et de Lucifer aux visages humains. Personnification du Seigneur d’après les représentations des catacombes du christianisme primitif, sous les traits d’ün jeune homme ressemblant à Apollon, „ayant des rapports quasi familiaux avec Adam, Caïn, Noé”. C’est là que je dois aussi faire remarquer que si je devais mettre en scène la Tragédie aujourd’hui, la personnification du Seigneur figurerait dans tous les tableaux, tantôt par une indication de sa présence tantôt dans son rôle effectif. J’estime, en effet, que sa présence intermittente est plutôt gênante pour la compréhension de notre conception de l’oeuvre. C’est sans doute le personnage de Lucifer qui a été le plus souvent reformulé au cours des cent années écoulées. Pour nous, il était le „porteur de la lumière” et, dans le même temps, le symble des limites de l’intelligence. Le couple Adam-Lucifer était assimilé à celui de Caïn et Abel. C’était l’unité composite de l’intelligence, totalement dépourvue de principes diaboliques. Pour ce qui est du déroulement de la représentation, il s’agissait de donner une vue d’ensemble de l’oeuvre en mettant en relief les rapports essentiels. Nous nous étions délibérément 68