Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)

György Lengyel: Deux crétations de la Tragédie de l'homme

abstenus de la présentation de microdrames, destinés à souligner l’authenticité des tableaux successifs. Dans la représentation de la foule, la musique scénique d’Emil Petrovics nous a été d’une grande aide. Tout le long de l’oeuvre, cette musique rappelle les effets sonores des théâtres d’Extrême-Orient. C’est grâce à de tels effets que nous avons réussi à donner une idée approximative de notre conception concernant la foule, comprise en un seul bloc, au heu de faire appel à la formule du choeur ou d’appliquer une solution que nous aurions jugée trop naturaliste. A l’automne de 1982, j’ai eu l’occasion de présenter l’oeuvre avec une distribution nouvelle. Entre-temps, j’avais aussi repensé ma mise en scène que je trouvais ainsi plus adaptée à l’oeuvre. La nouvelle distribution et le nouveau dispositif scénique traduisaient mieux, à mon avis, les caractères visionnaires et oniriques, très expressifs de l’oeuvre. Du mystère, je n’avais conservé que la personnification du Seigneur et la disposition des anges. Leur présence à l’Eden est justifiée par les instructions mê­me dé Madách: „Porte du Ciel ouverte.” L’ensemble de la représentation reflétait une lutte plus variée, plus dynamique entre les protagonistes. Le jour où la mise en scène aura trouvé le ton douloureux, amer, saccadé, révolté d’un Liszt des dernières années ou d’un Bartok, elle parviendra, peut-être, à une expression plus juste de la poésie nocturne de Madách. Profitant de l’occasion de coucher sur le papier les réflexions que voilà, je voulais simplement partager les soucis de l’esprit expérimentateur qui a pris, en moi, la relève de l’audace démesurée et peu réaliste de la jeunesse. Les questions se posent d’elles-mêmes et, au fur et à mesure que le passé devient présent, je me sens de plus en plus tenté de m’attaquer, dans un avenir plus ou moins éloigné, à une nouvelle mise en scène de la Tragédie. György Lengyel (1983) 69

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