Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)
László Vámos: La Tragédie de l'homme comme spectacle de plein air
LA TRAGÉDIE DE L’HOMME COMME SPECTACLE DE PLEIN AIR Les spectacles de plein air connaissent une indiscutable renaissance à travres le monde. L’homme moderne renoue avec la tradition antique du théâtre. En fait, c’est une fête populaire, dont l’environnement constitue un important facteur dramatique. C’est aussi une grande communion dont la force réside dans l’expérience vécue de milliers de spectateurs. Si l’environnement peut servir l’envoûtement, il convient aussi de choisir une oeuvre convenable car aucun courant ne saurait passer au cas où il n’y aurait pas de rapport entre l’oeuvre dramatique et le lieu de sa représentation. En 1965, il ne s’agit pas de faire une mise en scène de la Tragédie, actuelle sur le plan général, mais de la représenter spécialement sur le parvis de la cathédrale de Szeged, compte tenu de la monumentalité de l’édifice et des données visuelles et acoustiques d’une salle de plein air de sept mille places. La mise en scène se veut délibérément spectaculaire avec tout ce que cela comporte d’associations d’idées périmées mais aussi avec la profonde conviction qu’une telle approche peut convenir à l’esprit de l’oeuvre et servir son message. Après avoir assisté à la représentation, le public doit emporter des images visuelles nettes dans sa mémoire. Car la mise en scène aura pris au sérieux les visions gigantesques de Madách qui ne devait guère se soucier des contingences scéniques dans la perspective d’une éventuelle création de son poème dramatique. Bref, la mise en scène s’efforce de matérialiser les instructions de l’auteur. Voici quelques solutions de mise en scène que nous avons adoptées pour les différents tableaux: Au Ciel, le Seigneur est représenté, au centre de l’espace scénique entre les deux tours, par un miroir sphérique de grosses dimensions, suspendu à une hauteur d’une quarantaine de mètres, dont les rayons divergents font une impressionnante „lumière céleste”. Les anges sont disposés sur toute la largeur de la place, 58