Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)
La Tragédie de l'homme (texte intégral)
De la part d’un amateur? A la fin, Cette création-là, qu’est-ce donc? Tu as écrit un poème à ta gloire Et tu l’a mis dans un orgue des rues. Comment n’es-tu pas fatigué d’entendre Toujours et sans fin la même chanson? Est-il digne d’un vieillard comme toi Ce jouet fait pour la joie d’un enfant? Comment peux-tu souffrir qu’un pauvre éclair Enrobé de boue imite son maître? Il est ta satire et non ton image; En lui, Liberté et Destin s’affrontent, Mais l’intelligente harmonie lui manque. LE SEIGNEUR L’hommage seul m’est dû. Et sans réserve! LUCIFER Je ne peux te donner que ce qui est Dans ma nature’ Et n’as-tu pas été Assez loué par ces viles cohortes? Il est d’ailleurs juste qu’elles te louent, Toi qui les a créées, comme le jour Suscite l’ombre en forçant sa lumière. Mais moi, je vis de toute éternité! LE SEIGNEUR Tais-toi! N’es-tu pas né de la matière? Quel était ton empire, auparavant? LUCIFER A toi, ne puis-je en demander autant? 137