Petőfi gyüjtemény - B sorozat / 45-ös doboz
308 LA NOUVELLE REVUE des buts plus nobles et plus lointains. Aussi, ne devons-nous pas nous étonner de rencontrer dans la pléiade hongroise, riche en talents de toute sorte, des hommes qui préférèrent à tout autre culte celui de leur patrie et, pour dire cet amour désintéressé, trouvèrent les accents les plus mâles, les plus vibrants. Il est des pays dont l’histoire est paisible. Une rivière coule large et tranquille : personne ne foule l'herbe de ses bords. Mais, là-bas, gronde un torrent dont le flot écume, étincelle, se brise et toujours mêle sa voix aux grandes plaintes de la nature. Telle, la Hongrie. Dans ses plaines, les religions et les races se sont entrecroisées, c’est-à-dire entrechoquées. Des peuples sont venus y écrire, dans le sang, les plus beaux chapitres de leur épopée. Il a donc suffi aux poètes d’être fidèles à leur souvenirs, de fermer les yeux au présent pour n’entendre que les frémissements d’antiques chevauchées et les cris qui ont retenti dans ces tournois où Allemands, Slaves, Musul- mahs, implorants d’autres Dieux, luttaient pour la AÛctoire implacable. , Quel beau chant de guerre nous jette Koloman de Toth! et toute son âme frémit dans ses vers, les anime d’une façon extraordinaire : La devise de là vieille garde, tout le monde l’a sur les lèvres : La garde française meurt, * mais, elle ne se rend pas. Nous avions aussi une devise qui donnait la fièvre aux Houved ; on n’y parlait pas de la mort, on n’y parlait pas de se rendre. Mais un mot, un seul : En avant ! C’est ce- mot que brodait la fdle patriote sur l’étendard de la Hongrie. Ce seul mot entraînait l’enfant dont la mère allait être en deuil. Il lui en restait un autre, que la patrie le réclamait, elle ne pleurait pas le mort, mais l’autre, elle le lui donnait. Et l’enfant partait : En avant !...