Petőfi gyüjtemény - B sorozat / 45-ös doboz

LA POÉSIE HONGROISE 299 disait déjà Horace. Et sa réflexion, pleine d’une mélancolique observation, a été redite en tous lieux. Le matin vient à peine, songe Petofi, et c’est déjà le soir ; arrive le printemps, et c’est déjà l’hiver... — Il faut se résigner à vivre ainsi la vie, murmures dans les joncs, frissons des feuilles, rêves, désirs; feuilles tombées et bientôt emportées, doucement, doucement par les eaux de l'oubji... Mais, ce que Bartok exprime sous une forme apaisée, Kiss le jette violemment en dehors de son âme, comme une plainte mélangée d’un regret : Les heures s’enfuient, la vie s’envole ; et, je suis à peine parti, que me voilà déjà au port..... Devant moi, plus âpre et plus rude, se fait le sentier que je suis. Les nœuds formés anciennement se délient tout lentement, et maintenant se nouent ceux-là que j’aurai à l’heure du départ. Lorsque je regarde en arrière, je vois une forêt de croix se dresser droite devant moi, comme un nuage sombre, funèbre. Si je dirige les rayons de mon regard vers l’avenir, de mon tombeau béant l’image m’apparait. Les vents d’automne sifflent; déjà la couche est prête. AlJons, mon amour, enterrons les désirs arrivés trop tard. Nous avons tenu à reproduire en entier ce passage. Le ton en est grave, élevé. Il forme comme une synthèse de la xie de l’homme parvenu au milieu de sa course ou touchant aux premières limites du déclin.

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