Petőfi gyüjtemény - B sorozat / 45-ös doboz
302 LA NOUVELLE REVUE Non, ce n’est pas la mort, comme on le croit ici, quand les clous ont fixé le dessus du cercueil mais, c’est vraiment la mort, quand qous sommes encore là, inanimés déjà, et nous pleurant nous-mêmes ..... Je me souviens ; jadis un pétulant enfant actif, et qui chassait souvent les papillons.,. 11 avait une mère ; ah ! combien il l’aimait ! Heureux enfant ! Bientôt le ciel l'emporta Où est-il? Nulle part. Cet enfant, c’était moi! Et plus tard, j’ai connu un jeune homme enthousiaste. Aimer autant que lui, nul n’en était capable. Et il méprisait tout : trésors, sciences ou sagesse. Peut-il donc exister d’autre but que l’amour ? Oh ! comme il aimait bien !.. Plus tard, on l’a tué. C’est cet ardent enfant que j’ai le plus pleuré. Si le printemps pouvait encore le faire revivre ! Mais non, non ; jamais plus ; je le sais ; c’était moi ! Il exista aussi un homme dont le cœur , débordait de confiance, d’amour, de flammes pures !... Pourquoi eut-il l’amour, l’espérance et la foi ? Il serait mort moins vite, en ne les ayant pas. Oui, nous mourons souvent, plutôt comme l’écume qui, au cours du ruisseau, contre des roseaux secs crève, et puis reparaît en des formes nouvelles. Mais,, la mort n’est pas ; la vie est le cimetière. Car, avant, nous mourons aussi, et, je le sens, depuis longtemps, je meurs !.. Est-cc que le souvenir de Musset ne s’évoque point de lui- même, à la lecture de ces strophes de Koloman de Toth? Ces strophes ne rappellent-elles point l’ingénuité désabusée du chantre des Nuits ? La grandeur et la mélancolie de la passion ne se reflètent-elles pas dans ces images qui font renaître devant notre effroi l’ombre de ce que nous sommes,, le spectre que chaque cœur a pour compagnon de sa vie et contre lequel le poète en appelait à la Muse ? C’est également la note de Sully-Prudhomme, délicate et meurtrie, que nous retrouvons dans ce morceau de Szazy : Sois flère, flère; c’est ainsi que je t’aime. Aie la raideur de la statue de marbre qui, elle, ne cède jamais aux prières que fait l’amour...