Folia Theologica 1. (1990)

Ferenc Szabó: Pázmány théologien

PÁZMÁNY THÉOLOGIEN 59 soupçonné Pázmány de pélagianisme. D’autre part, comme les censeurs l’ont observé, depuis Augustin et Thomas, la théologie a fait un progrès, on devait donc en tenir compte. Il y avait une certaine confusion parmi les théologiens, comme l’a signalé Aubert22: L’initium fidei dont il est question dans le canon 5 du Concile d’Orange II ne désigne pas les actes préparatoires à l’adhésion de foi proprement dite, mais l’acte de foi initial et même l’ensemble complexe d’actes par lesquels le nouveau converti se dispose à la justification. „Le credulitatis affectus ne désigne par conséquent pas, comme dans la théologie moderne, le mouvement de la volonté qui entraîne l’adhésion intellectuelle, mais l’intervention volontaire qui transforme la simple croyance en une fides in Deum, animée par l’amour et principe de vie chrétienne.” Pázmány, après avoir longuement analysé la resolutio fidei (suivant G. de Valencia), en montrant qu’il n’y a pas de cercle vicieux dans l’adhésion de foi (motiva credibilitatis — revelatio creditur per se et propter se), retourne à la question du caractère surnaturel des praeambula fidei (iudicium credibilitatis, pia voluntatis affectio) et de l’acte de foi. (00 IV 519-531). Il dispute, trie les opinions. D’après lui, il est plus probable que — sauf exceptions — les praeambula ne soient pas surnaturels in essentia puisqu’ils précèdent l’acte de foi; par contre, cet acte même est, avec une forte probabilité, surnaturel in essentia, bien que les conciles n’aient pas condamné l’opinion contraire. Cette thèse a été censurée. La censure insistait surtout sur les „qualifications” (sur, probable etc.) de Pázmány, concernant certaines propositions (caractère surnaturel in essentia des préambules de la foi, de l’acte de foi, le problème de Yhabitus fidei), et, en plus, déconseillait la thèse attribuée à G. Vazquez, car elle pouvait causer des troubles à cause des erreurs de Baïus. Nous pouvons résumer l’opinion de Vazquez, plus ou moins acceptée par Pázmány, comme suit: L’homme ne peut vaincre aucune tentation sans le secours de la grâce du Christ. L’homme est libre, et par conséquent indifférent: l’action volontaire, qu’il pose librement, n’est pas déterminée par la nature humaine; mais cette action dépend d’une pensée et cette pensée n’est pas au pouvoir de l’homme; cette 22. AUBERT, p. 37.

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