Folia Theologica 1. (1990)

Ferenc Szabó: Pázmány théologien

PÁZMÁNY THÉOLOGIEN 53 Le traité De Fide de Pázmány Pázmány commence son cours par le traité de la foi {De Fide, 00 IV 379-635) le 7 novembre 1603. On sait que Saint Thomas, dans la Somme Théologique, traite de la foi parmi „les vertus théologales” (II—II 1-16). Le Docteur Angélique a expliqué les principes de la moralité déjà au début de la I—II (De ultimo fine hominis, De actibus humanis). Pázmány a élaboré, plus tard, ces traités (00 IV 5-119), mais il ne les avait pas donnés aux étudiants. Evidemment, Saint Thomas et Pázmány supposent la connaissance de certains principes concernant la fin de l’homme, de la bonté et la malice morale de ses actes, de la liberté et de la grâce... Qu’est-ce que la foi d’après S. Thomas? „Un habitus de l’esprit qui ébauche en nous la vie éternelle en faisant adhérer l’intelligence à ce qui n’est pas évident” (II—II 4,1). „L’homme est destiné à jouir un jour de la vision béatifique. Or comme cette béatitude surnaturelle dépasse les possibilités de la nature humaine, les principes naturels, grâce auxquels il agit en vue de sa fin naturelle, ne suffisent plus à l’homme pour s’orienter vers sa fin nouvelle. Il faut pour cela une adaptation, une surélévation de ses facultés, qui est l’oeuvre des vertus théologales. La foi, notamment, en mettant l’intelligence en possession de certains principes surnaturels, en la proportionnant intérieurement à la connaissance béatifiante de Dieu, peut être considérée comme une première ébauche de la vision béatifique...”16 Le croyant cependant prend connaissance de la vérité divine par une prédication faite au nom de Dieu, ou par une révélation divine immédiate:,fides ex auditu” (Rom 10,14-18; cf. S.Th. II—II 6,1). Dans cette connaissance par oui-dire qu’est la connaissance de foi, la vérité des propositions à croire ne s’impose pas à l’esprit. S. Thomas insiste: on croit,parce que Dieu l’a dit”, et c’est pourquoi la Vérité première constitue non seulement la matière principale de l’acte de foi, mais aussi son objet ou motif formel: Normale objectum fidei est Veritas Prima secundum quod manifestatur in Scripturis sacris et doctrina Ecclesiae quae procedit ex Veritate Prima” (II—II 5,3). 16. AUBERT, o.c. p. 47. (références aux oeuvres de Saint Thomas).

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