Folia Theologica 1. (1990)

Ferenc Szabó: Pázmány théologien

PÁZMÁNY THÉOLOGIEN 49 premier cours à Graz, qui lui a causé tant d’ennuis. Mais d’abord, nous devons situer le problème de l’acte de foi. Son développement du Concile d’Orange II jusqu’au Concile de Trente, de Saint Augustin jusque Pázmány. L’acte de foi d’Augustin à Pázmány Suivons l’esquisse de R. Aubert, un des meilleurs spécialistes de la question.8 Sans ce survol et le status questionis, il serait difficile de „situer” l’enseignement de Pázmány. On sait que c’est Saint Augustin qui a exprimé et expliqué la doctrine de la grâce et de la justification, en luttant contre Pélage (vers la fin du IVe siècle, début du Ve s.) qui exalte la liberté humaine émancipée de Dieu, „adulte”: Si l’homme pèche, il garde encore toute possibilité de se convertir, dit Pélage. L’homme peut faire lui-même son salut par ses propres oeuvres de liberté. Pélage reconnaît une grâce qui se confond avec la création: elle est à l’origine de notre libre-arbitre; puis une grâce d’enseignement, secours extérieur qui nous vient de l’exemple du Christ; enfin une grâce de rémission des péchés: c’est la remise extrinsèque d’une dette, mais qui ne change pas le coeur. Saint Augustin voit dans cette doctrine la négation de tout enseignement paulinien et johannique, la négation de la situation pécheresse concrète de l’homme devant Dieu. Si Pélage a raison, nous n’avons pas besoin de salut; nous sommes capables de faire notre salut tout seuls. La réponse d’Augustin à Pélage le conduit à développer son expérience dans sa conversion (Confessions), donc la souveraineté de la grâce. Dans la polémique, il accentue peut-être certains traits discutables de la transmission du péché originel par la génération, et dépasse le point de juste équilibre dans la conception de la prédestination, au dépens de la liberté humaine. Les éléments les plus ambigus de sa pensée sont à l’origine des débats sans issue des temps modernes sur la grâce et des positions jansénistes.9 Mais la position 8. Roger AUBERT, Le problème de l’acte de foi, 4e éd. 1969. 806 pages. 9. Voir: H. RONDET, Essais sur la théologie de la grâce, 1964; H. de LUBAC, Augustinisme et théologie moderne 1965 et Le Mystère du Surnaturel, 1965. Résumé de l’essentiel de ces deux volumes: Petite catéchèse sur nature et grâce, 1980.

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