Folia Theologica 1. (1990)

Ferenc Szabó: Pázmány théologien

48 F. SZABÓ confond pas Saint Thomas avec les „thomistes” (dominicains ov autres): ceux-ci sont critiqués davantage. Il critique même ses „maîtres” en théologie, les jésuites contemporains: Bellarmin (controverses, ecclésiologie), Valencia (surtout la foi), Suarez (surtout l’Incarnation) et G. Vazquez (morale, actes libres, grâce). Pázmány suit donc la „logique de la foi” et obéit à la force des arguments. Evidemment, pour ce qui concerne les vérités de la foi, il reconnaît toujours l’autorité de l’Ecriture, des Pères de l’Eglise et des conciles. Parmi les cours de Pázmány, les plus élaborés et les plus profonds sont le traité De Fide (1603/4) et le De Verbo incarnato (1606). Ils sont aussi les plus originaux: la question controversée du rapport entre la grâce (surnaturel) et la liberté (la querelle de auxiliis a troublé l’atmosphère!), puis, après deux ans, certains problèmes concernant l’Incarnation (but de l’Incarnation, mode de l’union hypostatique) attiraient l’attention des collègues de Graz, et des Supérieurs de Pázmány. En utilisant la documentation du P. Ôry7, j’ai présenté et situé l’affaire de la censure dans l’oeuvre de Pázmány. Je me contente ici de la rappeler en deux mots. À cause des controverses entre molinistes et banéziens et des difficultés du Général des jésuites, le P. Acquaviva avec le Pape Clément VIII, le Ratio Studiorum était assez sévère dans les prescriptions concernant les thèses „thomistes” à suivre. Pázmány cherche l’équilibre entre le banesianisme et le molinisme exagérés. Le chancelier de l’université de Graz, le flamand P. Decker(s), lui-même professeur de théologie avec Pázmány, professait un molinisme pur. C’est lui-même (avec le recteur du collège des jésuites à Graz) qui s’est senti obligé de „dénoncer” Pázmány à Rome, en y envoyant à plusieurs reprises (1603/1604 et 1606) des „propositions suspectes” d’une moindre orthodoxie. A vrai dire, comme l’examen des thèses envoyées à Rome et celui des mémoires de Pázmány l’ont montré, le P. Decker(s) a attribué à Pázmány certaines opinions „hérétiques” que celui-ci n’a jamais professées. La censure (à laquelle nous reviendrons) a été assez légère. Pour donner une idée de la pensée théologique de Pázmány, de sa relative originalité, nous examinerons son commentaire De Fide, son 7. Pázmány Péter emlékezete pp. 10-98 et 155-164.

Next

/
Thumbnails
Contents