Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 88-89.(Budapest, 1998)

NYERGES, ÉVA: Un portrait inédit de Jean Ranc: L'infant Philippe

se pose sur sa gauche levée en haut. 8 C'est dans cette même attitude, mais en position inversée que le montre un tableau datant du début de 1724 en compagnie du roi Phi­lippe et de sa famille, à cela près que le petit prince appuyé contre la reine lève cette fois la main droite qui tient une fleur. 9 Cultivant presque exlusivement l'art du portrait, Ranc s'aventura cette fois dans un genre - une composition de groupe - pour lui inha­bituel et rendit les personnages, en particulier les infants, dans la pose qu'il leur avait fait prendre pour leurs portraits antérieurs. Ainsi, l'infant Ferdinand y joue avec son chien sur la gauche dans une attitude analogue à celle de son portrait datant de 1723 environ. 10 Les yeux bruns finement arqués, les joues régulières et le menton terminé en pointe de l'infant Philippe apparaissent déjà sur ces représentations précoces. Parmi ses en­fants, Elisabeth Farnèse affectionnait surtout Don Carlos, plus tard vice-roi de Naples, qui monta sur le trône d'Espagne sous le nom de Charles III, et Don Felipe, futur duc de Parme, appelé affectueusement « Pippo » dans la cour de Madrid. La beauté physi­que de Philippe ne souffrit guère du fait qu'il avait une épaule plus haute que l'autre. C'était un jeune homme au goût raffiné et plein de dons: il aimait les sciences, mais en particulier l'art militaire, et s'intéressa aussi aux mathématiques et aux langues. A part l'espagnol, il parlait le latin, l'italien, l'anglais - et bien entendu le français, car il était très attaché à la cour de Versailles. Le ruban du Saint Esprit au cou, il ressemblait dans sa première enfance, au dire de sa mère, au petit Jésus. 11 Lorsque la cour royale quitta Madrid en 1729 pour s'installer jusqu'en 1733 à Se­ville, un portrait en demi-figure de l'infant y fut exécuté par le peintre espagnol Bernardo Lorente Germán, artiste d'ailleurs peu connu. 12 On y voit un enfant légèrement plus âgé que dans le portrait de Budapest. L'attitude un peu solennel du personnage, le rendu minutieux, très attentif aux détails du vêtement témoignent de l'influence domi­nante de Ranc dans l'art du portrait de l'époque. Tout comme dans le portrait de Buda­pest, le petit menton en pointe de l'enfant est mis en évidence. D'après un dessin de 1734 par Louis Fabritius Dubourg, Pieter Tanjé a gravé une planche en 1779, La Gloire d'Elisabeth Farnèse, où l'infant Philippe apparaît au pre­mier plan à gauche. Il y est représenté de face, et la régularité de ses traits est aussi manifeste sur cette feuille. 13 8 Reproduit dans Sanchez Canton, op. cit. 1926, (n. 7) pl. X. Lune, J. J., Jean Ranc, Reaies Sitios 51 (1977) pp. 246-252 (reproduit en couleur). 9 Reproduit dans Urrea, J., Itinerario italiano de un monarca espanol. Carlos III en Italia. 1 731-1759. Madrid 1989, p. 2. 10 Reproduit dans El nino en el Museo del Prado, Cat. Madrid 1984. p. 54, n" 75. 11 Une série de portraits miniatures en ovale, exécutés par M. J. Meléndez, représentent aussi les enfants de Philippe V. Ils se trouvent actuellement à la Biblioteca National. Plusieurs pièces de cette série ont été publiées dans Carlos III en Italia. 1731-1759, Cat. Madrid 1989, p. 24. Urrea voit l'infant Philippe dans l'un des personnages, mais le nez légèrement arqué de celui-ci nous fait penser plutôt au cardinal­infant Don Luis Antonio de Borbon. Le tableau en question de Ranc est reproduit dans Museo del Prado, Inventario general de pinturas. I. La Colección Real, Madrid 1990, n° 1.028. 12 Milicua, J., Bernardo Lorente German: El retrato de infante Don Felipe, Archivo Espanol de Arte 133 (1961) pp. 313-320. El arte europeo en la Corte de Espana durante el siglo XVIII. , Cat. Madrid 1980, n° 29. 13 Publié dans Sanchez Canton, op. cit. 1926, (n. 7) pl. XVIII.

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