Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 86. (Budapest, 1997)

VADAS, FERENC: Schickedanz au Musée des Beaux-Arts

taires ne l'attirent guère, leur préférant nettement les tâches purement artistiques. C'est ce qui explique le nombre élevé de projets de concours pour la réalisation de monu­ments dans son œuvre. Pourtant, il n'a pas vraiment la fibre monumentale - comme on l'a déjà constaté à l'époque. Au-dessus d'une certaine échelle de grandeur, ses créa­tions manquent de vigueur et de cohésion, qualités cimentant les œuvres d'un Ybl ou d'un Hauszmann. Schickedanz excelle surtout dans le style néo-Renaissance, et ses variantes de projets conçus selon les principes de cette tendance réussissent générale­ment mieux que les solutions finales classicisantes, adaptées au goût du jour, qui affec­tionne le monumental. 12 Les grandes tâches lui sont confiées trop tard, compte tenu moins de son âge que du goût du public. Ses principales réalisations coïncident avec l'apogée de l'Art nouveau, et sont accueillies en fonction. Schickedanz n'essaie même pas de se conformer à l'esprit de son temps, et préfère abandonner l'activité architectu­rale. Une telle malchance fut le lot de plusieurs personnalités significatives de cette génération d'architectes en retard sur leur temps (notamment celui d'Imre Steindl, créa­teur du Parlement néogothique) : la durée trop longue écoulée entre le levé des plans et l'achèvement de la construction a rendu désuet l'édifice de conception conservatrice dès l'origine et dont les qualités ne seront découvertes que par la postérité. Les problèmes que soulève l'œuvre de l'architecte n'étaient guère apparents à l'ex­position où les dessins, avec tous leurs détails soigneusement élaborés et tracés de main de maître, ont été parfaitement mis en valeur. Il est contestable toutefois que le dessin architectural entre toujours dans la catégorie de l'œuvre d'art, car il n'est qu'un auxiliaire pour la réalisation de l'édifice, et sa qualité n'est pas forcément en rapport avec celle du bâtiment; il arrive même qu'il ne soit pas de la main du créateur du projet. Ceci ne pourrait pourtant pas être appliqué aux dessins de Schickedanz. Dans son cas, on observe une même qualité d'exécution et une même finesse d'élaboration qu'il s'agisse de vues de ville (considérées comme des créations picturales), des représenta­tions en perspective de bâtiments (en partie des édifices construits par d'autres archi­tectes) ou de projets de décoration. Certes, la virtuosité inégalée des dessins architectu­raux ne suffit pas pour assurer à leur auteur une place parmi les meilleurs peintres de son temps, car dessins de projets et peintures sont deux genres à part. Ainsi Schickedanz comme peintre, par ses aptitudes brillantes ne peut être considéré que l'un des petits maîtres académiques. Par contre, ces derniers ne s'occupaient pas d'architecture, ce qui empêche d'établir une comparaison générale entre eux et Schickedanz. A part l'architecte connu uniquement pour ses chefs-d'œuvre et le peintre oublié, les organisateurs ont su également apporter de l'inédit dans la présentation du dessina­teur de meubles. Ce volet de l'exposition était à la fois un petit Salon du mobilier de l'historicisme et un lieu où l'on pouvait montrer côte à côte les projets et les objets réalisés. On a tenté d'illustrer le processus de création également dans d'autres domai­nes. Ainsi, pour certains édifices, les types de dessins les plus divers étaient présentés 12 L'absence de plans d'églises dans son œuvre s'explique peut-être par ses préférences stylistiques. Selon la mode de l'époque, les églises doivent se construire dans le style médiéval, aux critères duquel il n'a pas envie de se conformer. Avec des plans exécutés suivant son goût personnel, il n'a en revanche nulle chance de se voir confier un projet. (Il ne conçoit en effet aucune église chrétienne et ses plans de synagogue destinés à un concours reflètent un esprit quattrocento.) S7

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