Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 85. (Budapest, 1996)
PASSUTH, KRISZTINA: M. H. Maxy, figure clé de la peinture roumaine du XXe siecle et l'avant-garde internationale
31. M.H. Maxy : Meissen, 1922. Bucarest, Muzeul National de Artâ «La personnalité du fort viole celle du faible. L'équivalence, plaçant l'un à côté de l'autre, garantit le développement individuel de l'individualité... La composition de l'œuvre d'art équivalente ne consiste pas en chose essentielle et en détails - en dominant et en subordonné. Chaque partie est partie équivalente de la composition - aucune partie n'est vue en premier, aucune en dernier.» - écrit Segal en 1919 un peu dans le style des manifestes de l'époque. 10 Sa théorie prend corps dans des tableaux à sujet, où des petites scènes sont inscrites dans des carrés juxtaposés qui se succèdent. Pour dépasser la fragmentation de l'œuvre, Segal devra enrichir sa palette d'effets de couleur et de lumière. Mais cela ne se produira pas durant son séjour à Ascona, mais plus tard, à Berlin. Selon ses propres mots : «En 1923, c'est la théorie de la couleur de Goethe qui m'a incité à faire des tableaux prismatiques : ces œuvres s'inscrivent dans le prolongement de ma période néoimpressionniste, marquée par la théorie de la lumière. Le rayonnement prismatique des objets, phénomène qui se produit si on les observe à travers un prisme, a constitué le point de départ des nouveaux effets optiques et chromatiques et l'élargissement des possibilités.» 11 Segal a repoussé les limites sur le plan non seulement théorique mais aussi pratique. Son procédé a consisté à peindre également le cadre, voulant signifier que, non délimitée par le cadre, la composition continuait - virtuellement - au-delà de celui-ci. Pour citer les paroles de M.H. Maxy : «Le cadre, au lieu de se clore, nous conduit vers l'extérieur et établit le contact avec le cosmos...» 12 En procédant très attentivement et avec une totale empathie à l'analyse de la peinture de Segal, Maxy fournit en réalité la clé de la sienne propre, celle de sa période berlinoise. «Les images qu'il [Segal] a créées entre 1916 et 1922 attestent de la préoccupation du peintre de faire exploser le centre plastique de la toile et de reconstruire l'image sur des principes différents. Ainsi, le sujet commence par être repoussé vers le bord du tableau, le cadre même étant peint. Le support se divise en carrés ou rectangles presque égaux, à travers lesquels le sujet devient transparent, comme perçu à travers les facettes d'un prisme cristallin.» 13 10 Segal, A., Gleichwertigkeit (Equivalence), Dada, Der Zeltweg, Zurich 1919, 3, 1919, s.p. 11 Segal, A., m Arthur Segal Memorial Exhibition, Cat. Londres 1945. 12 Maxy, M.H., Integral, Bucarest le 13 juillet 1925 ; Pavel, A., m Arthur Segal op.cit. (n.9) pp.77-85. 13 Vanci, M. cite Segal in Bulletin analytique des périodiques de l'Europe de l'Est, Paris 1981, pp. 25, 56.