Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 83. (Budapest, 1995)

KAPOSY, VERONIKA: Dessins de Gustave Doré au Musée des Beaux-Arts

DESSINS DE GUSTAVE DORÉ AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS Gustave Doré doit sa notoriété avant tout à ses illustrations de livres, quoique son œuvre ne se limite pas aux estampes mais comprend également des peintures et des sculptures. C'est à l'âge de quinze ans qu'il fit la connaissance de Charles Philipon, le célèbre éditeur de la presse humoristique parisienne, 1 prêt à publier ses croquis et carica­tures dans le Journal pour Rire. A cette époque, Doré, à côté du dessin, s'était déjà initié à l'art de la lithographie et avait déjà fait ses premiers pas dans la peinture. Au début des années 1850, son attention fut attirée par un nouveau procédé graphique, découvert à la fin du XVII e siècle par un Anglais, Thomas Bewick. C'était la gravure sur bois moderne dont l'avantage consistait dans l'utilisation du buis plus solide pour la fabrication des planches. Sur le bois de bout, il devint ainsi possible de graver au burin et avec des outils tranchants - contrairement aux anciens traits plus épais et plus grossiers ­un réseau de traits fins possédant les caractéristiques de la taille-douce. Doré perfectionna cette méthode en intensifiant la gradation délicate des tons, en augmentant le pittoresque du modelé par d'infinies variations de contrastes entre noirs et blancs. Cela lui ouvrit la voie vers l'illustration artistique de haute qualité des ouvrages à fort tirage. Ses dessins furent confiés aux meilleurs graveurs de son temps avec lesquels il travaillait en étroite collaboration et dont il corrigait jusqu'au bout les épreuves. Il illustra entre autres les œuvres de Byron, Shakespeare, Rabelais, Balzac, Dumas et plus tard même la Bible. Dès 1855 il pense à illustrer La Divine Comédie de Dante. Il commence par exécuter les dessins destinés à évoquer l'Enfer. Bien qu'assurant à ses propres frais papier, planches et impression, il trouve difficilement d'éditeur pour la réalisation de son projet. L'ouvrage en version française paraîtra finalement en 1861, chez Hachette, à Paris, et les 3000 exemplaires tirés seront épuisés en une semaine. 2 Sur les 76 planches du livre la huitième représente Dante et Virgile à l'entrée de l'Enfer. Dans le bois gravé de format longitudinal, les deux poètes sont debout devant l'entrée de la grotte parmi des rochers abrupts: une lueur au-dessus des montagnes éclaire leur figure et tout l'avant-plan de la scène. Doré 1 Doré brossa le portrait de Philipon au début des années 1850 (Paris, Musée Carnavalet). Renonciat, A., La vie et l'œuvre de Gustave Doré, Paris 1983, pp. 41,43. 2 Riedel, W., Doré und die graphischen Techniken, in Gustave Doré, Illustrator-Maler-Bildhauer, Cat. Hannover 1982, 1, pp. 74-75.

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