Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 76. (Budapest, 1992)
TÓTH, FERENC: De Picasso au Greco dans un miroir post-moderne. Trois expositions au Musée des Beaux-Arts
établi des contacts avec les maîtres de Pavant-garde historique qui propageaient le radicalisme, et c'est en suivant leurs traces qu'ils se sont affermis dans leur intention de faire rapprocher l'art espagnol de l'avant-garde mondiale. Picasso, grâce à ses relations (intellectuelles) toujours vivantes et directes était resté l'idole de la nouvelle génération ascendante. Or, pour les jeunes qui ont pris une attitude radicale contre les conceptions artistiques conservatrices, le surréalisme et plus directement la spontanéité gestuelle de Miró signifiaient une impulsion peut-être encore plus importante. Le génie de cette grande triade était richement illustré à l'exposition par des œuvres graphiques; et plusieurs personnalités de premier plan ayant joué un rôle déterminant dans l'essor de la vie artistique espagnole, étaient tout aussi bien représentés. Nous avons ainsi pu voir les œuvres de Tapies, Chillida et Feito dont le succès couronné de prix à la Biennale de Venise de 1958 fut considéré comme une véritable percée décisive; ces œuvres étaient par ailleurs complétées à l'exposition par une sculpture de Pablo Serrano et une peinture de Saturo Lopez. Dans cette génération c'est à Antoni Tapies que le plus grand tribut de reconnaissance internationale a été payé; c'est aussi lui qui a exercé le plus grand effet sur ses contemporains. Le Groupe Dau al Set qu'il avait fondé en 1948 à Barcelone souhaitait, par ses slogans se rattachant au surréalisme, continuer les traditions de l'avant-garde tout en suivant l'héritage de Picabia et de Miró. Les trois feuilles graphiques exposées, tout en faisant preuve de la force plastique de Tapies, montraient bien l'empreinte de la peinture informelle dont il avait fait connaissance au cours de son séjour à Paris en 1950 et 1951, et aussi celle de l'art de Miró, que les aquatintes du grand maître plus âgé, présentées tout près, ont bien mis en relief. C'est en voyant ces œuvres les unes à côté des autres qu'on a pu observer la parenté de la conception spirituelle des feuilles de Miró, fait connu, mais rarement contrôlé, non seulement avec les œuvres graphiques de Tapies, mais aussi avec les petites détrempes délicates de Luis Feito, et aussi, d'une manière moins saillante, mais tout même bien perceptible, avec les sérigraphies du sculpteur Eduardo Chillida, et la statue de Pablo Serrano, tout scintillant des éclats venant des profondeurs du bronze. Cette génération a en fin de compte hérité le respect de la matière de la tradition artisanale espagnole, qui est restée la tendance la plus présente dans l'art de la sculpture espagnole jusqu'aux années récentes. Pablo Serrano a joué un rôle tout à fait remarquable (de pair avec Antoni Clavé et Chillida) dans la ranimation des traditions marquées par Gargallo et Gonzales; c'est Serrano qui, ensemble avec Feito, Saura, Miliares et d'autres a participé en 1957 à la fondation du groupe El Paso. C'est à partir de 1972 qu'il exécuta une série en bronze intitulée « Unité-joug » (Unida Yunta) dont les motifs de forme en relief et en creux sont développés par l'exemplaire dans nos collections. Par le travail des plaques de métal soudées et forgées, l'œuvre de Miguel Moreno, le torse classique présenté à l'exposition, suit également les traditions de Gargallo; Moreno fait partie de la génération d'artistes d'âge moyen. C'est pendant les années soixante-dix qu'une tendance sculpturale avait commencé à adopter un langage rationnel, basé sur des formes clairement articulées et intitulée « arte analitico ». La composition de formes en acier poli savamment disposées dans l'espace de Teresa Eguibar (Expansion 14, 1973) témoigne de son