Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 76. (Budapest, 1992)

TÓTH, FERENC: De Picasso au Greco dans un miroir post-moderne. Trois expositions au Musée des Beaux-Arts

intention de se rattacher aux tendances internationales et de s'éloigner des traditions nationales. Il va de soi que la dichotomie existant entre les traditions nationales et le rat­tachement aux tendances internationales ne se présenta pas seulement dans le do­maine de la sculpture, mais fut un point névralgique de l'art espagnol tout entier jusqu'à ces derniers temps, lorsque la transformation sémiotique post-moderne sembla solidairement la supprimer. Dans le bouillonnement préparant le purgatoire post-moderne on peut percevoir le triple fil directeur de l'informel respecté en tant que tradition, l'abstraction géométrique le dépassant en tant que réaction à celui-ci (arte analitico), ainsi que la nouvelle figuration (nueva figurádon). Or, ces développe­ments récents de l'art espagnol ne sont de loin aussi richement représentés par des créateurs dignes de ce nom dans la collection du Musée que cela n'était le cas pour les années précédentes. La tradition de l'informel resta bien vivante même après son épanouissement des années 1950. En effet, vu ses points de raccord naturel à un héritage prestigieux, ainsi qu'à un caractère national vraiment présent, il aurait été difficile — du point de vue moral — de questionner sa raison d'être. L'œuvre de Marino Biarge d'une touche vigoureuse et empâtée (Explosion, 1973) suit d'une manière sans équivoque cette tradition. On peut, avec certaines réserves, caser Fedor Ganz dans ce même compartiment, tout en précisant que dans son tableau intitulé Nuages et peint en 1963, on voit déjà apparaître la tendance caractéristiquement franco-espagnole pour une surface plus « polie », apparentée au monde de couleurs et de formes de l'Amé­ricain Sam Francis. Pendant les années 1960 et 1970 on est témoin en Espagne aussi des recherches de forme qui ont pu être perçus également dans d'autres parties du monde. L'un des courants importants était marqué par les artistes réunis autour de la bannière de la « nueva figuración », terme qui désigne aussi bien des créateurs inspirés du pop art, que ceux appartenant aux tendances les plus diverses du réalisme, fort souvent se conformant aux traditions les plus authentiquement espagnoles. C'est bien la vision froide de l'objet, connue du pop art qui apparaît dans le « tableau » de Juan Martinez: en fait un énorme dessin au crayon d'un énorme maniérisme (Lit noir, 1980). Le chromatisme de la peinture espagnole réaliste, héritage remontant jusqu'au XVI erne siècle, réapparaît dans le tableau de José M. Guerrero Medina tout en étant fondamentalement reinterprete par l'expressivité des formes, qui n'est pas étrangère, elle non plus, à l'âme nationale. Une autre tendance des décennies passées, opposée à celle dont nous venons de parler est l'abstraction géométrique, qui fait entièrement défaut à cette collection. La raison principale en est que tous les tableaux d'art espagnol des dernières décen­nies dans les collections du Musée proviennent d'une même source: les œuvres de Lopez, Biarge, Ganz, Martinez et Guerrero Medina font toutes partie de la donation de Xavier-André Flores. C'est grâce à sa générosité que quelques-unes des tendances artistiques espagnoles que l'on peut considérer vraiment actuelles sont représentées à la collection (toutefois passées au cribe d'un certain goût). Celle-ci est complétée par un ensemble de sculptures, acquisitions du Musée aux Biennales internationales de la petite sculpture organisées au fil des années au Palais des Expositions de Buda­pest.

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