Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 75. (Budapest, 1991)

GONDA, ZSUZSA: A propos de la page 15 de la Bible Illustrée de Julius Schnorr von Carolsfeld

A PROPOS DE LA PAGE 15 DE LA BIBLE ILLUSTRÉE DE JULIUS SCHNORR VON CAROLSFELD Le dessin à la plume de Julius Schnorr von Carolsfeld, datée de 1851 (fig. 47) 1 est entré au Musée des Beaux-Arts avec l'ensemble de la collection Majovszky qui compte nombre de chefs-d'œuvre de l'art graphique français et allemand du XIX e siècle. Son sujet paraît à premier abord énigmatique, et l'ordonnance cohérente des schémas de composition connus fait un effet insolite : on y voit un couple enlacé, une femme voilée qui lève le bras en signe d'avertissement et un groupe de jeunes hommes de belle stature disposé en forme triangulaire faisant face à des figures féminines qui, du côté droit de la scène, semblent les appeler par des gestes séducteurs. Le sujet de la composition est indiqué en bas, à droite : I. Moïse VI. v. 2. Ainsi Schnorr s'est proposé d'illustrer un des versets les plus controversés de la Genèse : « Et les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils prirent des femmes parmi toutes celles qui leur plurent. » Les commentateurs de la Bible ont vu la principale difficulté dans l'interprétation du terme « fils de Dieu » (benê elohim). Elle a été développée dans deux sens dont l'une insiste sur l'aspect divin, l'autre sur l'aspect humain. 2 Selon la plus ancienne opinion il faut entendre par fils de Dieu les anges qui en aimant des femmes terrestres en­gendrèrent les fameux géants et héros. En guise de punition les coupables furent expulsés de la hiérarchie céleste. Le récit le plus détaillé de la chute des anges est contenu dans le livre apocryphe d'Enoch, tandis que la Genèse se contente de faire allusion dans les lignes citées à la faute fatale des envoyés du Ciel. 3 Quoique l'inter­prétation angélique soit restée dominante jusqu'au IV e siècle et ait été adoptée par les premiers pères de l'Eglise, les commentateurs juifs s'y opposèrent dès le II e siècle : les targumistes ont traduit le terme en question par « fils de princes », et l'interpréta­tion qui en naquit crut voir se réfléchir dans les lignes controversées l'opposition 1 N° d'inv. : 1935-2879, plume, encre noire, 208X288 mm, inscription : d. 15. November 51, I. Mos. VI. v. 2. Prov. : collection Emil Schröter, //. G. Gutekunsfs Kunst-Auktion in Stuttgart N° 72 (1912) Kat. n° 1489. 2 Sur l'interprétation de Gén. 6. 1 4 voir Jacob, B., Das erste Buch der Tora, Genesis, Berlin 1934, pp. 170 173; Westcrmann, C.. Erträge der Forschung, Genesis 1-11, Darmstadt 1972, pp. 68-76 ; id., Genesis (Biblischer Kommentar) 1/1, Neukirchen-Whyn 1976, pp. 491-496 avec littérature suppl. 3 Analyse détaillée du récit de la chute des anges : Bamberger, J., Fallen Angels, Philadelphia 1952. Sur le terme fils de dieu : pp. 78-79, pp. 149-152.

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