Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 68-69. (Budapest, 1987)

TÁTRAI, VILMOS: Une peinture peu connue de Garofalo

Comme j'ai déjà remarqué tout à l'heure, le fait que Berenson a dégradé notre peinture au niveau d'une oeuvre d'atelier ne peut s'expliquer que par une photo mal prise. Car justement en ce qui concerne l'exécution artistique, peu de tableaux du même format de Garofalo peuvent être comparés à celui de Buda­pest, où on ne trouve aucun signe d'incertitude, d'inexpérience ou d'improvisa­tion. Il est d'autant plus curieux que bien que le tableau figure dans la liste des oeuvres authentiques dans l'article "Garofalo" de l'encyclopédie rédigée par Galetti et Camesasca, 1 "' ni Alberto Neppi en 1959, 10 ni Giuseppe Mazzariol en I960 17 n'en font aucune mention dans leurs monographies consacrées au maître, et Fioravanti Baraldi 18 non plus, qui a pourtant étudié l'oeuvre du maître d'une manière très approfondie, n'en parle pas. Ainsi Amalia Mezzetti a été la dernière à formuler l'opinion sur le tableau dans sa monographie écrite sur Girolamo da Carpi: elles refuse l'attribution de Venturi et de Pigler, mais ne prend pas partie d'une manière univoque dans la question de l'attribution à Garofalo ("opera del Garofalo o délia bottega"). 19 La parenté structurale entre l'Adultéra et le retable "La résurrection de Lazare" peint en 1534 peut nous aider dans la question de la datation. Parmi les retables de grandes dimensions, "L'identification de la vraie croix" (également aux galeries de Ferrare) datée de 1536 offre encore des analogies, par la répar­tition pareille du champ, les personnages entassés au second plan, les beaucoup de têtes caractéristiques qui donnent finalement un effet monotone et le motif des colonnes lisses. 20 En ce qui concerne la formation des détails et surtout les plis des vêtements, la peinture représentant Auguste et Sibylle conservé au Wallraf-Richartz Museum de Cologne est la plus proche de notre tableau. Ce tableau du petit format pareillement à celui de Budapest porte la date de 1537. 21 Ainsi on peut remonter le tableau "Le Christ et la femme adultère" à la deuxième moitié des années 30, donc à la période de Garofalo nommée manié­riste par Fioravanti Baraldi. Nous devons accepter l'opinion de Fioravanti Baraldi selon laquelle le maniérisme de Garofalo ne s'explique pas par une crise de valeurs, mais au contraire par l'attachement obstiné en forme au clas­sicisme raphaëllesque et en contenu au catholicisme orthodoxe, par conséquant Garofalo donne "l'interprétation extravertie des valeurs historiques et religi­euses par la mise en valeur de l'élément décoratif." 22 Mais malgré tous les arguments énumérés ci-dessus nous ne pourrions pas être tellement sûrs de l'attribution à Garofalo s'il n'existait pas une mention écrite de la peinture qui a échappé jusqu'à nos jours aux spécialistes. 23 Pourtant 15 Galetti, U. — Camesasca, E., Enciclopedia délia pittura italiana, Aldo Garzanti Editoré 1950, p. 1040. 16 Neppi, A., iî Garofalo, Milano 1959. 17 Mazzariol, G., Il Garofalo, Venezia 1960. Manierismo. Contributo alla catalogazione délie opère dell'artista dal 1512 al 1550 in 18 Fioravanti Baraldi, A. M., Benvenuto Tisi da Garofalo tra Rinascimento e Atti délia Accademia délie Scienze di Ferrara, vol. 54. 1976—77. 19 Mezzetti, op. cit p. 69. 20 Voir Bastianino. La pittura a Ferrara nel secondo Cinquecento, Bologna 1985, p. 6—8. 21 Voir Kiesse, B., Katalog der italienischen, französischen und spanischen Gemälde bis 1800 im Wallraf-Richartz-Museum, Köln 1973, p. 51. 22 Fioravanti Baraldi, op. cit. p. 91. 23 Je n'ai appris qu'après avoir fini mon étude que l'identification du tableau de la Galerie des maîtres anciens au tableau représentant Le Christ et la femme adultère figurant dans la biographie de Garofalo de Baruffaldi a été déjà effectuée, dans un

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