Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 68-69. (Budapest, 1987)
TÁTRAI, VILMOS: Une peinture peu connue de Garofalo
l'ouvrage qui contient cette mention est bien connu des historiens s'occupant de l'art de Ferrare: c'est le livre de Girolamo Baruffaldi écrit dans les deux premières décennies du XVIII e siècle mais publié seulement (en 1844) après la mort de l'auteur, le "Vite de'pittori e scultori ferraresi". Il est vrai que cette source n'est pas contemporaine, beaucoup de temps, presque deux siècles la séparent de l'époque de la naissance du tableau en question de Garofalo, mais malgré cela nous pouvons considérer le témoignage de Baruffaldi comme un complément décisif aux arguments de la critique de style: l'archidiacre savant de Ferrare nomme aussi la personne qui a commandé l'oeuvre, ce qu'il n'aurait pas pu faire sans la tradition locale authentique. Dans sa biographie de Garofalo, Baruffaldi ne mentionne que peu de tableaux "qui sont conservés dans des galeries, des palais et des hôtels particuliers", car ces oeuvres, à cause des changements de lieu et de propriétaire fréquents, sont peu accessibles. Pourtant — continue j t-il — "non posso tacere d'alcuni pezzi assai singolari da me veduti in Ferrara. Il cardinale Ruffo ne contava due nella sua famosa galleria, i quali ancora sono indicati e descritti nel libro che in prosa e in verso ne ha scritto il dottore Jacopo Agnelli ferrarese altra volta da me degnamente lodato. Il primo conteneva la testa d'un santo graziosamente disegnata e colorita . . . . . . L'altro si, quantunque di piccola mole, è perfettamente compiuto ed intatto, anzi fresco e morbido corne se fatto fosse a'nostri giorni. Rappresenta esso la famosa adultéra del Vangelo con trenta e più figure, le quali rendono il quadro grande e meraviglioso- Specielmente vien notato l'artifico del pittore nello avère contrapposto alla bellezza del volto délia adultéra per farla sempre piu comparire, la faccia orrida d'un fariseo a lei vicino. Fu già dipinto questo quadro per ordine di Lodovico Trotti nobile ferrarese, del palazzo del quale passo nella gallerie del mentovato cardinale, il quale lo reputava per una gioja nulla inferiore alle tante altre de esso lui con tanta magnificenza radunate." 24 Le peintre, le sujet, les petites dimensions, les personnages qui sont plus de trente, le contraste de la beauté de la femme adultère et de la laideur du pharisien — tout est là pour que l'on puisse constater indiscutablement que le tableau du Musée des Beaux-Arts traité ici est identique à la peinture qui a été commandée par Lodovico Trotti, 25 un noble de Ferrare, et qui est arrivée du palais de ce dernier dans la collection du cardinal Tommaso Ruffo dans le premier quart du XVIII e siècle. 26 Sur l'histoire de cette collection l'éditeur de Baruffaldi ouvrage inaccessible dans les bibliothèques hongroises: Mezzetti, A. — Mattaliano, E., Indice ragionato délie „Vite de'pittori e scultori ferraresi" di Gerolamo Baruffaldi, Bergamo, 1981, vol. II., p. 159. Malgré cela je publie l'étude dans une forme inaltérée, d'abord parce que l'ouvrage cité ne prend pas position d'une manière univoque dans la question de l'autographie d'autre part parce que le tableau n'a pas encore été apprécié de la façon qu'il mériterait dans la littérature spécialisée qui s'occupe de Garofalo et du cinquecento de Ferrare. Pour les informations concernant 1' "Indice ragionato" je dois remercier les professeurs Miklós Boskovits et Emanuele Mattaliano. 24 Baruffaldi, G., Vite de'pittori e scultori ferraresi, vol. I. Ferrara 1844, p. 352— 354. 25 II est connu qu'en 1519 Garofalo a décoré des fresques deux pièces du palais Trotti. C'était justement le cardinal Ruffo qui a fait changer ce palais en séminaire, comme nous le savons d'après Baruffaldi (op. cit. p. 321), „ . .. nel palazzo Trotti in Borgo nuovo, oggi ridotto dalla magnificenza del card. Ruffo ad uso di Seminario . . ." Il est à supposer que le cardinal a acquis l'Adultéra pour sa collection pour cette occasion. 26 Voir Padovani, C, La critica d'arte e la pittura ferrarese, Rovigo, 1954, p. 137; il mentionne la collection du cardinal Ruffo et il cite entre autres la peinture de Garofalo aussi du catalogue de Jacopo Agnelli.